vendredi, septembre 30, 2016

[MATOS] QUEL APPAREIL CHOISIR POUR LA PHOTOGRAPHIE D'ESCALADE

Greg CLOUZEAU


On me pose régulièrement des questions sur le matériel que j’utilise pour mes photos sur Fontainebleau. Et le plus souvent c’est pour être conseiller dans l’achat de tel ou tel produit ou telle ou telle marque. Me voilà chaque fois très ennuyé car je ne prétends pas connaître ou avoir testé tout ce qui sort sur le marché. Pire, le « futur » photographe pourrait me rapprocher de l’avoir mal conseillé et d’être la source de ses mauvaises images… (c’est du vécu !) Enfin, n’étant ni sponsorisé, ni ambassadeur ou commercial d’une marque, je n’ai rien à y gagner. Mais bon je vais quand même essayer de vous donner quelques pistes qui, je l’espère, vous éviteront quelques erreurs.


J’ai débuté la photographie en argentique à une époque où les boîtiers étaient 100% manuel, où il fallait mesurer la lumière réfléchie par un sujet directement sur celui-ci, où au-delà de 400ISO on commençait à avoir du grain et où on mitraillait moins pour ne pas gâcher de pellicule. Nos photos s’appréciaient uniquement sur papier ou en diapositives !

Bref, le monde de la photographie a considérablement évolué et aujourd’hui, un bon smartphone permet de faire une belle image que vous pourrez même imprimer en 20×30 cm sans risque ! C’est le cas de ma photo ci-dessous. Au risque de faire hurler certains confrères, je ne rejette absolument pas le mouvement du Photophoning ! Pire, j'assume et actuellement, 50 % des ventes de tirage d'art que je fais sont des images issues de mon smartphone !

Regard sur une sortie parisienne.
Une image que j'ai déjà bien vendu pourtant faite et préparer avec un smartphone.
(C)2016 Greg Clouzeau

Alors, quel appareil photo choisir ?


À cette question, j’en renvoie en général plusieurs !


Ça dépend, tu veux faire quoi ? Car il y a un monde entre le boîtier plein format du professionnel et le jetable argentique donné à ton gamin pour qu’il immortalisé quelques souvenirs de sa première colonie de vacances ! Je vais d’ailleurs immédiatement laisser de côté l’argentique tout en rappelant que ce monde existe encore…sans doute plus pour longtemps.


Il faut donc pour commencer analyser votre besoin et vous poser pas mal de questions.


Est-ce pour faire de la photographie amateur ou professionnel ? Est-ce un usage régulier ou occasionnel ? Est-ce pour faire un type de photographies spécifiques (art, street, portrait, paysage, macro, animalier, reportage, sport, souvenirs de voyage) ou toucher à tout? Vais-je l’utiliser aussi pour faire des vidéos? Que vont devenir les photos ? Tirages papiers encadrés dans votre bureau ou images numériques à partager avec vos amis sur Facebook ?


Bref, faites ce petit exercice par écrit. Cela devrait vous permettre de définir si vous allez investir beaucoup d’argent dans du matos professionnel ou essayer de rester dans un budget raisonnablement inférieur à 500, 1000 ou 1500€.

Mon Canon EOS 5DII  en complément de mon EOS 500


Ensuite, rappelez-vous que la technologie évolue à la vitesse d’un TGV. Quand j’ai acheté mon Canon EOS 5D mark II c’était un excellent boîtier. En à peine trois ans, il est devenu totalement obsolète MAIS il fait toujours de très bonnes images car la technologie ne fait pas tout (heureusement). Elle doit juste être à votre service. Par ailleurs, j’ai aussi conservé mon boîtier Canon EOS 500 D, un entrée de gamme amateur avec lequel j’ai fait et fait encore de très belles images. Si aujourd’hui je suis toujours chez Canon c’est parce que changer de marque une fois que l’on a investi dans un boîtier reflex et quelques optiques, changer devient très difficile. Il faut tout revendre avec une grosse décote pour financer de nouveaux achats. Mais certains le font. C’est le cas de Tristan Shu, photographe sportif et actuel ambassadeur Fuji (voir mon test du XT2) passé de Canon à Nikon en 2013 pour plein de très bonnes raisons que je partage bien volontiers.


Quel type d’appareil utiliser et pour faire quoi ?


Donc, pour schématiser un peu l’offre, vous avez le choix entre les photophones, les compacts, les Bridges, les hybrides, les reflex et divers ovnis, allant de la Gopro à la chambre ! Si vous recherchez des appareils à tout faire, vous risquez quelques déconvenues dans certains domaines comme la vidéo, la photo animalière ou la macro… A mon goût, en photo, qui peut le plus, ne peut pas le mieux. Evitez quand même les premiers prix quelques soit le type d’appareil !


Pour faire votre choix, pensez à votre pratique de la photo. Si vous laissez faire l’appareil (mode automatique ou scène prédéfinie) les smartphones et compacts feront largement l’affaire d’autant que certains sont carrément excellents !


En voyage, ou en randonnée, en montagne ou dans la rue, pour la légèreté, les compacts pro/experts et les hybrides prennent de plus en plus le dessus sur le marché du numérique. C’est le cas par exemple du XT2 de Fuji promis à un très bel avenir : il est meilleur que certains boîtiers pros, moins cher, plus léger…


En photo animalière, en studio professionnel, en photo de sport, les boîtiers reflex ont encore de beaux jours devant eux notamment de par leur robustesse, le parc d’optique disponible, l’utilisation du flash…


 Et toi pour la photo sportive et notamment en escalade tu utilises quoi ?


La photographie sportive est un domaine pas toujours facile à aborder, notamment dans les sports « extrêmes » comme l’escalade ou l’alpinisme. Tous les photographes ne peuvent pas évoluer tranquillement sur une corde en plein vide à plusieurs dizaine de mètre du sol. Mieux, même pour un grimpeur aguerri, cela reste dangereux. Travailler en hauteur demande beaucoup de concentration et une bonne connaissance de la discipline. Ceci dit, heureusement, il y a le bloc ! Que ce soit sur les rochers de Fontainebleau et des Trois Pignons ou dans une salle d’escalade artificielle, vous allez pouvoir faire des photos, même si vous avez le vertige !


Ensuite, il y a sport et sport ! Individuel ou collectif ? Amateur ou professionnel ? motorisé ? de proximité ? En salle ou en extérieur ? Eh oui toutes ces interrogations sont là pour vous montrer qu’entre photographier Tiger Woods dans son dernier put, Ronaldo face au but, couvrir Roland Garros, les 24 h du Mans, le Tour de France ou votre fiston au judo, vous n’allez pas utiliser le même matériel.


En salle les conditions d’éclairage sont rarement très bonnes, en F1, la vitesse et l’éloignement sont difficile à gérer… Donc, pour pouvoir shooter de loin avec des cadences rapides et conserver une très bonne qualité d’image même dans les hauts ISO, va falloir investir dans du matériel haut de gamme. Il vous faut un boitier ayant un autofocus (AF) très réactif. Ce n’est pas parce que sur le papier le fabriquant affiche 12500 ISO qu’il faut croire que l’image sera bonne ! En salle ou de nuit on tourne autour de 2500 à 3200 ISO pour du football de haut niveau, et souvent 5000 ou 6400 ISO dans les complexes sportifs non destinés aux compétitions professionnelles. Heureusement pour vous, sur la toile vous trouverez de nombreux sites testant les boîtiers et publiant des images prises à ces valeurs pour comparer les résultats !

Investir dans un bon boîtier avec des optiques moyen de gamme n’a aucun sens ! A la limite, mieux vaut faire l’inverse ! Pour avoir un bon piqué un objectif possédant une grande ouverture (c’est à dire un PETIT chiffre type f/2.8 ou f/4) est un minimum. Question focale, à moins de pouvoir s’approcher, le 200 mm est un minimum. Pour le coup, associé avec un capteur APS-C (plus petit que le traditionnel 24X36) vous obtiendrez une équivalence à plus de 300 mm.

Bref, la photo de sports nécessite un matériel lourd et onéreux pour obtenir un résultat correct ! Ceci étant, en pleine journée, pour la photo d’escalade ou en étant à proximité, on peut se contenter de reflex moyen de gamme.

Exemple avec cette image de l'ami Nico en plein mousquetonnage. J'ai pris cette  photographie son petit compact, le seul appareil disponible à porté de main !


Un 700D associé à un objectif de type 70-300 n’ouvrant par exemple qu’à f/5.6) suffit pour shooter du football ou du rugby, sur la pelouse municipale. Dans les actions de but, pour figer le mouvement, il est nécessaire d’atteindre des vitesses d’obturation minimum de 1/500. Pas toujours facile à atteindre en conservant la qualité d’image avec un boîtier moyen de gamme. En effet, au delà de 800 ISO, les performance deviennent vite très mauvaises ! Donc avec ce type d’appareil, mieux vaut se caler à 1/500 f/5.6 400 ISO, que de de chercher à monter la vitesse en montant les iso genre 1/1000 f/5.6 800 ISO ! Ceci dit, la plupart des photographes du journal L’équipe privilégient une vitesse d’obturation élevée au détriment du bruit numérique provoqué par la montée de la sensibilité ISO.

Alors sur le marché, tu choisirais quoi ?

Ça c’est là toute la question ! En 2015-2016, plusieurs appareils m’ont tapé dans l’œil ! Après la Photokina (ou le Salon de la Photo le moins prochain à Paris) pas certain que mon palmarès soit le même ! Voici une liste de quelques supers APN !

Chez CANON l’EOS 7D Mark II est très certainement un des meilleurs boîtiers experts (semi-pro ou amateur averti). Chez NIKON le D5500 en boitier grand public ou le D7200. Chez PENTAX le K3 est un APS-C redoutable et le K1 en plein format semble de la même veine !

A peine plus petits mais tout aussi performants, je vous conseille chez FUJI, le XT2 qui vient de sortir, chez OLYMPUS l’OM-D-EM 5 mark II et l’Alpha 7 II chez SONY.

Photographie de Genaro Bardy lors de la séance de test du Fuji XT2 à Paris
Je suis au fond à gauche en discussion avec mon ami et confrère Tristan Shu
Ensuite, j’ai de très bon échos du G7 de Lumix pour ceux qui cherche un compromis photo/vidéo et du Sony cyber shot DSCHX90 en compact de voyage, du FUJI XT10, du LEICA Q type 110 et du Power shot SX700.
Enfin, en photophone, comprenez par là que je passe beaucoup de temps à faire des photos avec mon téléphone, les meilleurs sont le LG G4 (il a tendance à sur-exposer mais reste meilleur que son successeur le G5), les inévitable I-phone 6 et Galaxy S6 (lui aussi meilleur que le S7). J’ai été un peu déçu par le SONY XPERIA Z5 malgré ses 23 Mpx qui délivre des images un peu fadasses et carrément mauvaise en basse lumière ainsi que par le P9 et ses deux foacles !


En faite, le meilleur de tous est déjà assez vieux et c’est tant mieux car il n’est pas très cher, c’est le ONE PLUS 2 et c’est celui qui offre la meilleure définition, le meilleur piqué, etc !


mercredi, septembre 14, 2016

[MATOS] TEST DU XT2 LE NOUVEAU HYBRIDE DE FUJIFILM

Greg CLOUZEAU

Hier soir j’étais invité à un test de prise en main du tout nouveau boîtier XT2 de la marque Fuji. Un évènement très sympathique qui m’a permis de découvrir une nouvelle activité sportive (le Tricking, voir en bas de l’article), de discuter avec un photographe dont j’aime beaucoup le travail (Tristan Shu) et, d’approcher l’univers de Fuji. A l’heure où Canon lance son EOS 5 D mark IV à plus de 4000 € sans accessoire et objectif, un photographe sportif peut-il trouver dans le Xt2, un boîtier de remplacement ? En tous cas, c’est un peu la promesse que semble vouloir nous faire Fuji…

ALORS FUJI PEUT-IL SÉDUIRE LES PROS DE LA PHOTO DE SPORT AVEC SON XT2(*) ?

(*) Mise à jour 2018, FUJI a lancé un XT-3 (entre autres) ! Je n'ai pas été invité et je n'ai pas pu le tester mais sur le papier, il est encore meilleur !!!


J’avais déjà lu ici et là les premières impressions de quelques ambassadeurs de la marque comme Fred Marie (en français) ou l’excellent Jonas Dyhr Rask (en anglais) et leurs travaux ne laissaient que peu de doutes sur les performances du nouvel appareil de Fuji ! Mais comme sans être des revendeurs, les ambassadeurs des marques se risquent rarement à dire du mal des produits qu’on leur prête, mieux valait vérifier par soi-même. Précisons donc que je ne suis pas ambassadeur d’une marque et que je ne gagnerai pas d’argent si vous achetez un appareil et donc, même après cette soirée ou si Fujifilm venait à me prêter un boîtier, je ne me sens pas tenu d’en dire du bien.

Séance de prise en main du XT-2 de Fuji à Paris, avec Tristan Shu (C) 2016 Greg Clouzeau




 C’est quoi le Fuji XT2 ?



Je ne vais pas vous faire ici la fiche technique du produit et de ses évolutions mais juste rappeler quelques petits trucs (voir chez Fuji sur Phototrend ou Le monde de la photo pour ça). Je ne connaissais de Fuji que les pellicules argentiques avec lesquelles j’ai énormément travaillé dans les années 90 et les optiques Fujinon de très haute qualité qui équipent de nombreuses marques de prestige. Mais les boîtiers ?


Le XT2 est un « hybride » avec un capteur APS-C. Autrement dit, c’est déjà plus gros qu’un « compact » et ce n’est pas un « plein format » 24X36. La France est sans doute le seul pays ou l’on utilise ce terme fourre-tout. Disons juste que la seule différence entre un reflex et un hybride réside dans la visée qui se fait à travers l’objectif pour le reflex grâce à un système à miroir. Aujourd’hui, le choix de l’un ou de l’autre n’est plus une question de qualité d’image, de fonctions avancées, de réactivité, de technologie mais bien de taille de capteur, et de mode de visée. La preuve, de nombreux reflex empruntent des technologies défrichées et affinées par les hybrides, comme la détection de phase intégrée au capteur.  Et c’est justement le capteur qui est une des spécificités importantes du XT2



Fuji étant un spécialiste de la couleur, il a mis au point un capteur dont la grande spécificité est justement « l’emplacement » des couleurs. En cela, Fuji rivalise avec le capteur Fovéon de Sigma qui m’avais tant séduit. Donc, sur le XT2 vous avez un capteur X-TransTM CMOS III de 24,3 mégapixels au format APS-C, sans filtre passe-bas associé au processeur de traitement d’image ultra-rapide X-Processor Pro. Par ailleurs Fuji a ajouté des modes, de simulation de couleurs hérités des plus célèbres pellicules de la marque. La taille des photos est également revue à la hausse (6000 pixels par 4000) ce qui est très pratique pour faire des tirages de grande taille, mais également pour avoir plus de marge de manœuvre pour recadrer !


Petit aparté technique sur la course aux pixels. Celle-ci s’impose dans un monde où les photos ne sont plus imprimées mais regardé sur des écrans de plus en plus performants. C’est aussi pour cela que nombre de boîtier font aussi vidéo ! Ainsi sur un écran Retina, il faut désormais 4 fois plus de pixels que sur un écran classique. Donc, si vous voulez afficher dans Photoshop ou autre vos images à la même taille que précédemment, il vous faudrait multiplier par 4 la résolution de vos images sur Macbook Pro 13″ Retina ! Autant vous dire qu’on n’en a pas fini avec cette histoire !


Du coup, les images pèsent de plus en plus lourd. Ça tombe bien, le boitier est équipé de deux emplacements pour cartes SD et on peut gérer les destinations des fichiers, comme sur les reflex Canon et Nikon pros. Enfin, bien entendu, le XT2 filme désormais en 4K et il est désormais possible de gérer l’ouverture et la vitesse pendant le rush en cours d’enregistrement.
Un AF de fou à vous faire abandonner votre boitier pro Canon !




Mais une des armes fatales de ce boîtier réside certainement dans son système d’autofocus et de suivi de la mise au point. 91 zones AF (et jusqu’à 325) dont 49 sont dédiées à la détection ! A cela Fuji ajoute des réglages personnalisés de l’AF-C pour garantir un exceptionnel suivi des sujets en mouvement. En rafale, le XT2 affiche 11 images/seconde ! Aucune chance de louper LA photo ! Pour garantir la cadence et l’autonomie, il est en revanche indispensable d’associer au XT2 une poignée grip (vendu séparément pour envions 300 €) sinon vous ne dépasserez pas les 340 photos. Cette dernière embarque deux batteries supplémentaires et permet de shooter en vertical. De toutes façons, sans ce grip additionnel, la prise en main avec certaines des grosses optiques, n’est pas la meilleure (mais j'ai des bonnes grosses mimines !)

Deux autres améliorations du X-T1 viennent compléter le tableau. Un petit joystick permet désormais de sélectionner sa zone de mise au point, comme avec les boîtiers pros et l’écran LCD devient orientable verticalement et horizontalement !


Bref, beaucoup changements marquants qui font passer le XT du rang d’appareil hybride « pour amateurs avertis », au rang de boîtier « compatible avec des exigences professionnelles ».
Sur le terrain, ça donne quoi ?


Si l’on en croit les multiples publications des ambassadeurs de la marque, ce « petit » boîtier a tout d’un « grand » et peut tout faire ! Studio, portrait, reportage, macro, animalière ou sport ! Mais il faudra les croire sur parole, ce n’est pas en faisant quelques images dans un appartement parisien que l’on peut en juger. En tous cas, j’ai pu jouer et me prendre pour Tristan quelques minutes… Merci encore aux 3 trickeurs du collectif L’Envolée, Ahmed Chouikhi, Kevin Cétout et Mehdi Harhad pour leur performance dans un petit appartement parisien surchauffé !




Si j’ai pu discuter avec Tristan de certaines fonctions et rendus, je n’ai pas pu les expérimenter moi-même. Ceci dit, j’ai assez confiance en lui. Pour autant, a-t’il complètement lâché son Nikon ? Non, car, pour l’utilisation de certains spots (voir mon article sur la photo d’escalade au flash), il faudrait que les fabricants intègrent Fuji dans leurs paramètres.

Mes premières impressions :

J’ai beaucoup aimé le look un peu rétro du boîtier et les différentes molettes (emplacement, ergonomie, accroche…). La prise en main, avec le grip, est plutôt très bonne et le poids, redoutablement bas. Même avec plusieurs objectifs, il est certains qu’un photographe professionnel appréciera cet allègement considérable de son sac photo. En reportage, en montagne, fini les courbatures ! Enfin, côté prix, là aussi, le gain est substantiel. Si le grip est un peu cher (329 €), le kit X-T2 + XF18-55mmF2.8-4 R LM OIS s’affiche à 1999 € et la gamme de 22 objectifs couvre bien les besoins.

Je n’ai pas pu apprécier la soi-disant la simplicité des menus mais à voir comment les habitués naviguaient cela doit être vrai. Côté boutons de réglage, autant les grosses roues sont faciles à tourner y compris pendant le shooting, autant les sélecteurs situés sous ces roues (changement de mode de mesure…) ne sont pas faciles à accrocher, les poussoirs étant situés sur la face avant de l’appareil.

Je ne suis pas fan (mais alors absolument pas !) de la visée numérique même si celle-ci est ici exceptionnelle versus ses concurrents. Du coup, j’ai une furieuse tendance à composer mon image avec l’écran LCD, d’autant qu’il est orientable.

L’écran n’est pas tactile (dommage car en vidéo, c’est très utile) et ses charnières me semblent un peu fragiles. D’ailleurs, pour le sable de Fontainebleau, la magnésie, la poussière…j’ai un peu peur.

Avec le 10-20 mm, l’équilibrage est excellent mais avec les gros objectifs XF, c’est déjà nettement moins bon notamment à une main conséquence de la légèreté du boitier (Rappel, par rapport à un plein format en 24X36, il faut multiplier la focale par 1.5 ainsi un 10 mm utilisé sur le XT2 sera équivalent à un 15 mm).

Prise en main du XT-2 de Fuji. Un déséquilibre vers l’avant assez fort avec le 16 – 55 mm malgré le grip mais rien de bien méchant et après quelques minutes, on prends plaisir à travailler avec ce boîtier !
Capture à 100% à 6400 ISO et un éclairage d'apparetement
Enfin, il faut sans doute apprendre à se servir des multiples fonctions et réglages pour apprécier correctement cet appareil (encore une fois, c’était un premier contact avec l’univers Fuji). J’ai été époustouflé par les performances de l’AF et du processeur (rafale, gestion des couleurs et lumières…). Attention, il vous faut des cartes SD à la hauteur !

Les quelques images que j’ai pu faire ne m’ont hélas pas permis d’apprécier correctement le piqué des objectifs. J’ai shooté en Jpeg sur un appareil pré-réglé sur de forts Iso d’où, à mon avis, un peu trop de bruit numérique… Mais vu les images tirées par Tristan, c’est certainement ma faute ! Je demande quand même à voir en spectacles, festivals et autres concerts live.

En parlant bruit justement, le XT-2 est extrêmement silencieux !!! Vous pouvez capturer le moment en toute discrétion et là, c’est un vrai plus par rapport au clic-clac des appareils pros !


Donc, pour conclure, je dirais que « oui », le Fuji X-T2 est taillé pour rivaliser avec les meilleurs reflex du moment sur de très nombreux terrains et prend toute sa valeur dans les sports de vitesse ! Il conviendra donc aux pros comme aux amateurs avertis. C’est d’ailleurs un avis partager par pas mal d’autres photographes présents ce soir là comme Genaro Bardy qui a publié lui aussi un article et quelques clichés bruts dont je l’en remercie…


Le site Fujifil HD pour voir des photos


Le Tricking c’est un mélange d’arts martiaux, de gym accrobatique, de capoeira… Pour vous faire une idée de la chose ne manquez pas ce film d’une minute produit par le Studio White & Black et l’Agence Pschhh et réalisé par Cyril Masson : https://youtu.be/wgZAZVWcqXU

vendredi, septembre 02, 2016

[TECHNIQUE] DES TRUCSDE PROS POUR RÉUSSIR SES PHOTOS SUR L'EAU

Greg CLOUZEAU
Il fait encore relativement chaud et, malgré le retour en Ile-de-France, certains profitent de ces températures élevées pour pratiquer les sports de glisse. Alors, comment faire pour réussir ses photos de Wakeboard, kite et autres activités nautiques ? Voici quelques trucs et astuces pour vous y aider. Des petits conseils qui seront utiles dans d’autres sports et loisirs, notamment cet hiver sur la neige (car la neige, c'est ni plus ni moins de l'eau) ou pour vos prochaines vacances d'été à la plage !








Vos copains vous invitent à une petite session de ride dans la base de loisirs la plus proche ou à un tour du monde en voilier ? Super, vous allez vous régaler et très certainement être mis à contribution pour immortaliser ces souvenirs. Outre les paysages aquatiques, les photographies de bateau et les reflets, les plus sportifs s'offriront quelques belles boîtes qu'il convient d'immortaliser car, à moins d’être un pro, y’a de fortes chances que tout cela se termine au fond de l’eau et ça mérite bien une image.


Une petite croisière sur le voilier du copain ? Ne manquez pas l'occasion de faire de très belles images...

Oui mais en rentrant, attention à la déception… Photographier sur l'eau nécessitent quelques réglages spécifiques. Pour éviter des images décevantes, carrément sur ou sous exposées, voir floues mieux vaut revoir quelques bases techniques !








En effet, l’eau et la neige réfléchissent énormément de lumière et faussent très souvent les mesures de votre appareil. Et pour les sports de glisse, il faut ajouter une grande vitesse pour bien figer le mouvement. Bref, il va falloir gérer des conditions difficiles de prises de vue. Ajoutez à cela un bateau qui bouge, du sable, de l’eau…et la photo devient « extrême »…

Gérer les hautes lumières !





Séance de Wake en Seine et Marne,
Séance de Wake en Seine et Marne,
Gérer les hautes lumières pour des images très graphiques même en noir et blanc








Première astuce, ne faites pas confiance aux mesures de votre boîtier !
Quitter sans scrupule le mode automatique pour la priorité vitesse ou ouverture (que je préfère) et apprenez à utiliser la touche de compensation d’exposition (+/-) pour corriger le défaut de calcul de votre boitier. Avec une surface blanche ou très réfléchissante, un soleil de face et assez rasant, vous pouvez sans doute appliquer un minimum de + 1.5 IL. Faites quelques essais mais méfiez vous, la luminosité est très parfois variable et suivant les vêtements des sujets, du dessous des boards ou des modules de sauts, vous pouvez avoir de mauvaises surprises…


Si possible, éviter le soleil de face (l’idéal étant soleil dans le dos…) sauf à jouer du contre-jour. Ceci-dit cela peut être très graphique. C’est aussi top en noir et blanc !


Séance de Wake en Seine et Marne,
Séance de Wake en Seine et Marne






Maîtrisez le couple ISO/vitesse !




En ce qui concerne les ISO, suivant les performances de votre boîtier et du zoom qui l’équipe, n’hésitez pas à monter jusqu’à 800 pour avoir une vitesse suffisante. Le bruit numérique se rattrape mais pas le flou de bougé ! En plus, sur un tirage de petit format, il se voit peu et les gouttes d’eau le cache facilement…



Pour la vitesse, suivant le zoom, il faut souvent pousser au-delà de 1/800 pour figer complètement l’action, et encore plus pour les projections d’eau !


Séance de Wake en Seine et Marne,
Séance de Wake en Seine et Marne,







Enfin, il est très utile de basculer votre autofocus en mode « mise au point en continu » (AFC ou Ai Servo). Pour la planche, le surf, le wake et le kite, je conseille de travailler entre 1/800 et 1/3200ème !



Du coup, côté ouverture, va falloir faire un compromis en fonction des performances de votre boîtier/objectif, de la distance et de la profondeur de champ choisie en sachant qu’avec de gros zooms cette dernière est très réduite !


Ceci dit, vous pouvez prendre le contre-pied et opter pour des vitesse lentes en cherchant à faire des filés et autres photos plus artistiques.




Alors, quel matériel utiliser ?




On peut faire de très belles photos avec du matériel entrée de gamme, surtout aujourd’hui vu les progrès technologiques. La plupart des photos de cet article ont été faites avec un boitier Canon EOS 500 D et le classique 18-135 mm 3.5/5.6. Un boîtier très amateur… Ceci dit, mieux vaut éviter les bridges et compacts entrée de gamme qui sont trop lents dans la mise au point et au déclenchement).







Au niveau des optiques, un grand angle est sympa pour les photos d’ambiance et un zoom pour saisir l’action si vous ne pouvez l’approcher ! Dans ce cas, en fonction du spot, un 70-300 mm est tout à fait adapté.



Séance de Wake en Seine et Marne,
La contre-plongée offre de très belles prises de vue mais il va peut être falloir mouiller autre chose que le maillot
Séance de Wake en Seine et Marne,


Soyez vigilants !





Petit conseil au passage, en mer, outre l’ennemie n°1 (le sable), il y a l’eau salée et tout deux sont extrêmement nocifs pour notre matériel de prises de vues ! Évitez donc les vents de face sur votre objectif et boitier, prévoyez un filtre pour votre objectif (UV ou polarisant) et un bon kit de nettoyage. Si vos devez changer d’objectif, faites le à l’abris.
Enfin, redoublez de vigilance ! Au bord de l’eau ou sur un bateau, un accident est si vite arrivé.








 

Apprenez-en un peu plus sur le sport photographié !




J’ai pratiqué la planche à voile il y a bien longtemps et je dois avouer avoir eu quelques difficultés à anticiper les mouvements des wakeboardeurs.

Bien connaître l’activité permet de ne pas « rater » vos photos de sports en général.
En effet, saisir un geste ou une figure au bon moment, il faut savoir quand et où elle va être effectué. Un surfeur sait et quand il va faire quoi dans une vague.
Un gymnaste sur un tapis sait où sauter… La bonne photo est donc celle qui est prise ni top tôt, ni trop tard et à moins d’avoir un appareil permettant de dépasser les 5 images par seconde, beaucoup de vos images seront prises au « mauvais moment ».


Séance de Wake en Seine et Marne,
Prendre des photographies de haut-vol
Séance de Wake en Seine et Marne,




Si vous ne pratiquez pas, observez et demandez conseils aux sportifs présents. En outre, si vous leur proposez de les prendre en photo, ils seront ravis et vous diront où vous placer et à quel moment déclencher. Allez sur internet avant de venir pour savoir ce qu’il y a d’intéressant à photographier…


Enfin, les sports de glisse se pratiquent en sites naturels ou semi-naturels. Il y a donc plein d’autres sujets à dispo. Et puis se sont aussi des sports communautaires avec leur ambiance, du matériel, …




Séance de Wake en Seine et Marne,
Et figer le mouvement, nécessite une grande vitesse et une optique lumineuse…
Séance de Wake en Seine et Marne,

Adoptez un cadrage dynamique !



Les sports extrêmes sont souvent ultra dynamiques. Il serait dommage de gâcher une photo techniquement réussi par un cadrage inintéressant. De l’action en gros plan c’est bien mais on peut aussi éviter le sujet en pleine pastille !






Il faut penser règle des tiers, horizon droit (et avec l’eau, c’est pas facile !) et gérer les lignes de force comme en paysage. Le top, c’est de trouver un emplacement qui permet de « laisser de l’espace » devant le rider pour « ouvrir » l’image.

Ensuite, il peut être intéressant de cadrer large pour situer votre sujet (dans l’environnement ou face aux éléments en pleine tempête…).








Si en plus vous pouvez vous mettre à l’eau pour faire de la contre plongée…




Séance de Wake en Seine et Marne,
Séance de Wake en Seine et Marne,









Du coup, pour cette série, je suis parfois passé par l’étape recadrage. Cela permet, notamment dans le Wakepark 5.0 d’éliminer les autres wakeurs qui passent en arrière plan dans la boucle. Si vous êtes adepte de la retouche (ce qui n’est pas du tout mon cas) vous pourrez en profiter pour déboucher les ombres (les contre-jours sont fréquents sur l’eau)…


Séance de Wake en Seine et Marne,
Et un contre-jour, un !
Séance de Wake en Seine et Marne,









A vous de jouer !
Merci à Jey, Ivan et tous les autres Wakeurs de MylittleWakepark


Séance de Wake en Seine et Marne,
Presque top...faudrait juste supprimer l'arrière plan
Séance de Wake en Seine et Marne,





Ce étant écrit, voici d'autres type images de sport et loisirs aquatiques ! Bords de mer, rivières, lacs, les occasion de prendre des photographies en jouant avec l'eau ne manquent pas. Normalement, vous devriez réussir toutes vos images maintenant.

Si l'une des miennes vous séduit, n'hésitez pas à me contacter pour en acheter un tirage d'art en édition limité...





photo 2-2


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