vendredi, septembre 23, 2022

[LIVE] Les Spams étaient aux Affolantes 2022 de Melun. Et si on parlait (encore) de la photographie de concert ?

Greg CLOUZEAU
Cela fait beaucoup trop longtemps que je publie plus d'images de concerts ! Donc, retour dans les pubs et festivals pour vous proposer de nouvelles photographies des groupes de Seine et Marne que j'affectionne particulièrement et pour bien commencer, quoi de mieux que cette cinquième édition des Affolantes de Melun à laquelle, devinez quoi, mes amis des Spams, participaient ! L'occasion pour moi de vous parler à nouveau de ce formidable Festival et de la photographie de concert. Donc cet article est illustré avec des images du concert des Spams (l'album complet est sur ma page FlickR) mais promis, j'en ai plein d'autres à vous proposer et elles arrivent bientôt ! J'aurai aussi celles du concert des Rab's au Glasgow et pas mal d'autres choses à vous proposer très rapidement... Stay tuned !

Steve, le chanteur des Spams, aux Affolantes 2022
Steve, le chanteur des Spams, aux Affolantes 2022


Souvenez-vous, en ce début d'été 2017, je vous présentais mes images de la première édition du Festival des Affolantes de Melun, digne successeur de la Faites du bruit, organisé par Simon Pigot et sa dream team (JS Festival) sur la place Saint Jean où s'était produit les MST, les SPAMS et les FATALS PICARDS. Puis le Festival a déménagé, puis il y a eut le Covid, bref, je n'y suis pas retourné. Alors, quand j'ai appris que cette fois j'étais disponible pour venir à l'édition 2022, j'ai immédiatement demandé mon accréditation photo !


L'accréditation, c'est le sésame obligatoire qui vous ouvre toutes les portes (ou presque...) pour faire des images de rêve. Enfin, çà, c'est quand les organisateurs et artistes le veulent bien ! Car, vous serez sans doute surpris de savoir à quel point il est difficile de vivre de ce métier de photographe (déjà) de scène (encore plus). J'avais consacré un long article sur ce précieux morceau de carton plastifié aussi valable sur les évènements sportifs. Pour ceux qui veulent savoir à quoi s'attendre dans ce métier, y compris comme journaliste, lisez celui-ci dont l'illustration ci-contre résume parfaitement le paradoxe : le public photographie et diffuse librement via le téléphone, le photographe professionnel est limité par les contraintes que lui imposent artistes et production ! Donc, merci à Simon et son équipe de m'avoir accrédité comme le collectif image de Melun et d'avoir engagé une consœur pour couvrir l'évènement.







Le festival Les Affolantes


Le festival Les Affolantes avait donc lieu les 16 et 17 septembre à Melun sur l’Île Saint Etienne. En tout, une trentaine de spectacles et de concerts, avec au rendez-vous, des musiques du monde, des clowns, de la commedia, des arts de rue, des déambulations, des fanfares festives et de gros concerts…
« La volonté du festival est de proposer un événement gratuit pour dynamiser le centre et le bassin de Melun et donner accès à une culture à la fois populaire et pointue » témoigne Simon Pigot, président de l’association JS Festival, organisatrice de l’événement et patron bien connu de Papa Jacques et Doctor Beer place Jacques Amyot à Melun.. Oui, c'est gratuit ! Alors outre les subventions et sponsors, ici, vous verrez des bénévoles avec de très grands chapeaux pour compléter la rémunération des artistes de rue payés, comme c'est la tradition, "au chapeau".

Le festival avait donc principalement lieu sur l’île Saint-Etienne (Place Praslin) où cinq scènes seront installées et le vendredi après-midi était réservé à 1 200 scolaires (classes de CM1 et CM2). Ensuite, outre les nombreux spectacles en journée, la grande scène accueillait le soir les concerts successifs des groupes seine-et-marnais comme Smookin’Fuzz, Grimaud, Les Spams, Bsahtëk… mais aussi Big Ukulélé Syndicate, un extraordinaire big band de… ukulélé ou le Collectif Primavez et ses performances acrobatiques ou jonglage enflammé. Autant d'occasion de faire des images !

La photographie de concert c'est jouer avec le public !
La photographie de concert c'est jouer avec le public !
Les Affolantes de Melun



Et la photographie de scène ?  


J'ai écrit ici de nombreux articles sur mes trucs et astuces pour réaliser de belles images des lives. Je vous invite à relire les épisodes 1 et 2 consacrés à la photographie de concert. Au-delà de la technique, dans un concert, tout est une question de cadre et d'ambiance. J'aime articuler mes images autour des musiciens mais aussi du public et des coulisses. Il est pour moi primordiale que mes images prolongent votre expérience du concert en restituant au mieux l’émotion qui étreint tous ceux qui y participent. C’est un moyen de faire découvrir les artistes et leurs performances sur scène à ceux qui n’ont pas pu assister à l’événement, et qui peuvent ainsi se faire une idée de ce qu’ils ont manqué.







Si j'adore faire des images dans les pubs comme je l'expliquais dans mes articles, pour la proximité qu'ils offrent avec les artistes, pouvoir restituer l'atmosphère si particulière des festivals, est le sujet rêvé pour des photos souvent exceptionnelles. 
« Prendre des photos d'un festival est bien plus amusant que de simplement y participer », affirmait un célèbre photographe anglais de concert. C'est d'autant plus vrai que le festival est important et offre des décors et spectacles parfois hors norme ! Le Hellfest en est sans doute la meilleure illustration. En dehors des groupes que je suis avec assiduité et dont les musiciens sont devenus de vrais amis, je découvre une tonne de nouveaux morceaux et j'apprends à exploiter l'énergie créative d'autres personnes, ce qui est absolument passionnant. Les conditions variées qu'offrent les festivals en font un parfait terrain d'entraînement pour les amateurs de photographie, un endroit idéal pour développer ses compétences tout en s'amusant.

Je n'ai pas encore vu les images des photographes présents cette année aux Affolantes et nul doute que beaucoup d'images seront identiques aux miennes. Mais si j'ai un conseil à donner c'est "sortez des sentiers battus et soyez à l'écoute de l'environnement."

Une des choses les plus importantes que j'ai pu apprendre pendant toutes ces années passées à photographier des  concerts, c'est qu'il est judicieux d'aller là où il n'y a pas d'autres photographes ! Parmi mes images préférées, il y souvent celles prise dans les coulisses comme dans cette série aux 26 couleurs. Parois, en étant  au milieu de la foule, le chanteur peut voyager jusqu'à vous ! Pensez à vous déplacer pour obtenir d'autres angles. J'adore aussi prendre des photos du point de vue de la foule, car ce sont les images dont la plupart des gens se souviennent. Je considère que cela fait partie de mon travail d'être à cet endroit-là et de me fondre dans la foule pour m'imprégner de l'atmosphère quitte à me faire un peu bousculer. Faut juste faire gaffe au matos...







Ce conseil ne s'applique pas seulement aux concerts. Profiter du temps entre les morceaux et les changements de groupes pour se déplacer dans d'autres zones d'un festival permet souvent de découvrir des tranches de vie hautes en couleur. Les possibilités de prendre des photos géniales ne manquent pas, il y a toujours des gens qui déambulent un peu partout, parfois  extravagants. Et à mon avis, s'ils portent un costume, c'est pour être remarqués. Ils seront donc probablement ravis d'être pris en photo. Cela ne coûte rien de demander. Vous n'avez qu'à dire : « Puis-je vous prendre en photo ? J'adore votre style ! » La plupart du temps, ils répondront « Oui. »

La photographie de concert c'est capter l'émotion du public !
Aux Affolantes 2022

Je consacre toujours un bon tiers de mon temps à photographier le public ! Faire des gros plans des zicos et du chanteur comme beaucoup d'entre nous allons le faire, c'est sympa mais souvent un peu répétitif. Le concert c'est une expérience musicale que l'on partage et, depuis la fosse, on a un point de vue unique sur la réaction du public. On peut immortaliser l'influence de la musique sur les personnes qui nous entourent. Ce sont souvent ces images qui font ma différence avec les confrères. Comme des fois cela bouge pas mal, il y aura beaucoup de ratés mais qu'importe, une seule image peut suffire à la mémoire pour revivre l'émotion d'un bon concert !

L'émotion en live !
Aux Affolantes 2022


Lorsque vous êtes au milieu du public, la foule c'est un peu comme la houle. Un océan géant de visages et de mains hystériques, parfois entièrement éclairés ou plongés dans l'ombre. Si vous vous tenez au milieu de tout ça et que vous attendez le bon moment, vous pouvez obtenir des photos vraiment du public. Plutôt que de vous énerver lorsque les personnes agitent les mains devant votre appareil, jouez avec ! 

Enfin, dernier conseil, ne vous souciez pas du résultat sur le moment. Contrôler les images trop régulièrement, c'est risquer de louper, LA belle image ! Si vous êtes passionné de musique et que vous avez passé un bon moment, regarder 500 photos du concert chez soi ne devrait pas vous déplaire ! 








Les Affolantes 2022
M E L U N







Bien entendu, j'ai aussi une attention toute particulière pour le staff technique et les nombreux bénévoles sans qui ce type d'évènement ne peut avoir lieu.

Voilà, je reviens avec la suite des images des Affolantes 2022 très bientôt... Petit rappel, je vous livre ces images bénévolement ! Vous pouvez les partager en respectant le crédit du photographe. Pas d'utilisation commerciale sans mon consentement. Et si d'aventure, vous voulez acheter un tirage d'art en édition limitée, numérotée et signée, ce sera avec grand plaisir. Contactez-moi et jetez un œil sur ma page tarifs, les grands formats sont des plus économiques !

jeudi, septembre 08, 2022

Saviez-vous que le 13ième arrondissement de Paris compte parmi les plus grands spots de StreetArt ?

Greg CLOUZEAU

Il y a quelques temps je vous présentais 24 artistes de Street Art à découvrir dans le quartier Montmartre. Mais si vous empruntez la ligne 6 du Métro aérien de Paris, vous avez certainement déjà vu les grandes fresques qui ornent certains immeubles autour de la station "Nationale" dans le 13e arrondissement. Dès les années 1960, ce quartier industriel a vu ses façades recouvertes par des artistes qui souhaitaient embellir leur quartier. Depuis, avec l’appui de la mairie du 13e arrondissement et l’action des galeries d’art, le quartier s'est transformé en musée à ciel ouvert ! Des centaines d'œuvres d'artistes plus ou moins connus côtoient d'immenses fresques faisant du quartier un haut lieu de l'art urbain. Voici un rapide tour d'horizon de ce que vous pourrez y voir en   profitant en plus des galeries de deux évènements incontournables : le District 13 International Art Fair dont la 4ème édition se tiendra du jeudi 15 au dimanche 18 septembre 2022 et l'exposition de Jef Aérosol, du 24 septembre au 5 novembre 2022.


les grandes fresques

côtoient des œuvres plus

éphémères

Rien que sur le boulevard Vincent Auriol, vous pouvez admirer plus de 25 œuvres monumentales. Le projet Boulevard Paris 13 dirigé par l’Association de Promotion des Arts Urbains et Contemporains, pilote depuis 2009, la réalisation de ces fresques peintes par des artistes majeurs français et internationaux. Initiée par la Galerie Itinérance, en partenariat avec la Mairie du 13ème arrondissement, plusieurs balades ont été pensées comme la visite d'un véritable musée pour les Parisiens et les touristes. Bref, cet arrondissement est devenu un quartier de renommée internationale dans le monde de l'art urbain avec même une fresque entrée dans le top 100 des plus belles œuvres. Mais parce que le street-art est avant tout une culture de la rue avec ses grapheurs récupérateurs des murs vierges, le quartier abrite aussi un lieu mytique, véritable laboratoire de l'art urbain : Spot 13 ! Niché juste en dessous de la galerie Lavo//matik, Spot 13 est LE lieu du street-art éphémère à découvrir de toute urgence. Incroyable terrain d’expression à ciel ouvert, Spot 13 convie régulièrement des street-artistes à venir déposer leur empreinte artistique pour une immersion atypique garantie. Autre preuve de ce dynamisme culturel, outre les galeries d'art implantées dans le quartier, le 13è est aussi le théâtre d'un évènement international incontournable : District 13 International Art Fair dont la 4ème édition se tiendra du jeudi 15 au dimanche 18 septembre 2022 à l'Hôtel Drouot (9ème).


Implantée au cœur de la capitale, District 13 Art Fair propose une sélection affinée des ouvres les plus représentatives de la scène artistique street art proposées par des galeries internationales et à découvrir et à admirer à l'Hôtel Drouot. Pour les moins connaisseurs, je rappelle que District 13 s'inspire de la Tour Paris 13, la plus grande exposition collective de street art jamais réalisée avec plus de 4 500 m2 de surface au sol et autant de pans de murs et plafonds, et de Street Art 13, le véritable musée à ciel ouvert, créé avec la fameuse galerie Itinerrance. En s’associant à cette quatrième édition, Drouot illustre la l'importance que Paris détient au sein du marché de l’art international. Ouvert en 1852, l'Hôtel Drouot prolonge aujourd’hui sa tradition de créativité et de dynamisme perpétuant sa tradition d’acteur de l’histoire de l’art français et international.

Dans la foulée, les passionnés de Street art, ne manqueront pas de rendre visite à l'exposition exceptionnelle qui nous attend du 24 septembre au 5 novembre 2022 toujours dans le 13è. Jef Aérosol, pionnier du street art, fête ses 40 ans de pochoirs à travers une installation composée, entre autres, de centaines d'œuvres créés pour l'évènement, dans un lieu brut de 600 m².

Voilà, pour les autres, voici un petit aperçu de ce que vous pouvez trouver dans le coin. Il existe de nombreuses possibilités de balades commentées, une carte et un jeu de piste.

Parmi les œuvres que j'ai photographié pour vous, ne manquez pas de rendre visite :

Au 171, boulevard Vincent Auriol, la façade de la librairie gourmande Maruani est recouverte de curieuses inscriptions. C’est l’artiste Cryptik, américain d’origine coréenne vivant à Los Angeles et adepte du calligraffiti, qui a réalisé cette œuvre. Il s’agit d’un poème de l’écrivain William Saroyan, rédigé avec des lettres inspirées des écritures médiévales. Si vous souhaitez lire le poème, rendez-vous dans la librairie pour qu’on vous en donne une version décryptée ! Ce sera aussi l’occasion de feuilleter quelques bouquins en dégustant une tarte au citron meringuée.
Je passe sur les deux fresques voisines pour m'attarder sur le superbe phare breton de Wen2 ! Wen2. a développé un style artistique unique depuis près de 25 ans, dans les rues brestoises. « Les Perdrix » surnommée très rapidement par les riverains le phare du 13ᵉ , est une fresque haute de huit mètres, s’inspirant du phare de « La Tourelle des Perdrix » situé sur la commune de Loctudy dans le sud du Finistère et qui se distingue notamment par son petit gabarit, mais également par son damier noir et blanc aux couleurs du drapeau Breton. Cette fresque fait notamment suite à une série de phares déjà réalisée par l’artiste depuis quelques mois. Son expérience en tant que coloriste lui permet d’adapter sa fresque en fonction des différentes variables qui l’entourent, permettant ainsi de fondre son sujet dans l’espace publique. C’est le cas de « Les Perdrix » qui grâce à ses teintes chaudes et naturelles, s’associes totalement à la couleur initiale du mur ainsi qu’à sa structure irrégulière.  







Toujours sur le même boulevard Vincent Auriol, au numéro 155, un portrait de femme aux couleurs détonantes s'affiche sur l'immeuble qui domine le petit square. Il s’agit de Turncoat, une autre œuvre de 25 m de haut peinte par l’Anglais D*Face en 2018. DFace est l’un des grands noms de l’art urbain. Ses œuvres mêlent comics, figures féminines et univers macabre. Dean Stockton alias D*Face est né en 1978 à Londres où il vit et travaille aujourd’hui.

Il puise son inspiration dans le graphisme du skateboard qu’il pratique avec passion, et dans celui de la publicité, des comics et des couvertures d’albums de musique punk rock. Il s’inspire largement des œuvres de l’artiste Roy Lichtenstein, mais développe un style plus noir et plus satirique (crâne, os et commentaires morbides).On reconnaît facilement son style et son graphisme, à la fois simple et coloré, mais très expressif.

On arrive à l'une des plus célèbres fresques du quartier qui est sans aucun doute la Mariane d'Obey Giant. Shepard Fairey, l’artiste américain mondialement connu sous le nom d'Obey s’est fait connaître lors de la campagne présidentielle américaine de 2008 en créant le poster HOPE de Barack Obama, poster qui deviendra une véritable icône de la campagne. Il a imaginé ici une œuvre monumentale qui rend hommage à la devise de la République française en soutien aux victimes des attentats du 15 novembre. Les mots "Liberté, égalité, fraternité" encadrent une Marianne d’un nouveau genre sur fond de drapeau français et de fleurs rappelant le travail du pochoir. Une copie sur toile de cette œuvre riche en symboles a été commandée par le Président de la République Emmanuel Macron pour décorer son bureau à l’Élysée. L’artiste s’est inspiré d’une affiche "make art not war", en remplaçant le texte par la devise de la République française. Il a ajouté un drapeau tricolore en s’inspirant des réseaux sociaux, où, après cette attaque terroriste, de nombreux utilisateurs de Facebook ont modifié leur photo de profil en y ajoutant un filtre reprenant les couleurs du drapeau français bleu, blanc et rouge.

A droite de la Marianne, se trouve le Chat. C215 qualifie son œuvre d’“un simple et adorable chat”, il a voulu que ce chat apporte du bonheur aux passants et aux usagers du métro aérien de la ligne 6. L’artiste aime peindre les chats, car ce sont des animaux domestiques et libres. La liberté est ce qu’il y a de plus important pour un artiste. Ce chat est donc peint en bleu, la couleur bleue évoque depuis toujours l’évasion. C215 est aussi l'auteur de nombreuses œuvres plus petites du quartier.







De l'autre côté de la rue, au coin de l'immeuble, s'étire la fresque trompe l'œil de la "Jeune graffeuse"

Au centre de cette œuvre se trouve une jeune fille entrain d’utiliser une bombe de peinture. Sur l’épaule de cette fillette se trouve une souris avec une tasse dans la main qui porte l'inscription “J’aime Paris’. Cette jeune graffeuse semble redonner de la couleur et de la vie à une ville bien grisâtre. C'est donc au croisement de la Place Pinel et du Boulevard Vincent Auriol que Bom-K (diminutif de Bombing Killa) un artiste français a réalisé cette émouvante jeune fille.





Quittons un instant le boulevard. La rue Jeanne d'Arc n'est pas en reste et l'on voit de loin plusieurs œuvres emblématiques. 








Et j’ai retenu mon soufle

Cette œuvre représente une ballerine suspendue dans les airs. En arrière-plan on peut apercevoir la ville de NewYork avec le pont de Brooklyn.

Patrick McNeil (né en 1975) et Patrick Miller (né en 1976) sont plus connus sous le nom de FAILE (anagramme de A LIFE). Ce duo d’artistes vivant et travaillant à NewYork crée des œuvres inspirées de la culture vintage , pop et des comics. Cette fresque se trouve au 110 Rue Jeanne d'Arc.

Juste après, c'est une des œuvres emblématiques du quartier signée du célèbre Seth le bambin en short. 

Seth, de son vrai nom Julien Malland, est connu pour ses œuvres d’enfants vus de dos ou en trois-quarts et aussi pour avoir animé des émissions sur le street art et se fait appeler le « Globe Painter », en référence au Globe Trotter. Cette fresque représente un enfant de dos qui ne souhaite pas vivre dans notre monde, et qui par conséquent, ne nous regarde pas.

Je passe sur les pandas et leur message écologique on ne peut plus clair, pour admirer les autoportraits de Jana (autrichienne née en 1985) & Js (français né en 1981) un couple d’artistes urbains, connu pour leurs créations à base de photos découpées pour créer des points de lumière et d’ombre et rehaussées à la bombe de peinture.

Dans leurs œuvres, Jana et Js se mettent souvent scène en train de photographier la ville et les passants ce qui renverse l'ordre normal des choses, car c'est souvent le passant qui les photographie.


Revenons sur le boulevard où il y a encore tant à admirer comme ces façades et balcons aux motifs bleus et blancs, ces frontons de magasins et les nombreuses petites œuvres éphémères d'artistes de rue plus traditionnelles qui exploitent niches obstruées, petits murs vierges et autres mobiliers urbains. On y trouve quelques noms bien connus du streetart français. Toujours en descendant le boulevard, deux grands personnages de Conor Harrington, un artiste irlandais vivant à Londres se font face. 

Sur cette fresque “Etreinte et lutte” Conor nous laisse imaginer la nature de leur échange : amical ou conflictuel en soulignant la possible opposition par le contraste des couleurs et postures. 

Un peu plus loin une splendide femme mystique domine la place. Cette fresque fait partie d’une série de trois murs représentant le même sujet. La première « Madre Secular » a été réalisée à Marseille et la dernière à Lisbonne en juillet 2016 par l’artiste Chilien Inti. La Madre Secular 2 est une représentation laïque de la sainte Vierge. Au lieu de la pomme d’Adam et Eve, elle tient dans ses mains la pomme de Newton. Son cou et ses gants, sont ornés d'étoiles et de planètes comme une carte du ciel. Ses bijoux faits de crânes arborent, eux, les signes de toutes les religions. Cette Madone du savoir et de l’univers se veut être un symbole du scepticisme.







Voilà pour ce très rapide tour d'horizon de ce qui vous attend dans ce quartier, haut lieu du streetart avec plus d'une centaine d'œuvres à découvrir.  Outre les événements cités en introduction, ne manquez pas de visiter les galeries comme le Lavo//matik et la galerie Itinerrance

Le Lavo//matik est une galerie-boutique est dédiée au street art. La foule d’objet qu’on y vend vaut le détour ! Un peu plus loin, vous trouvez la galerie Itinerrance, à l’origine de nombreux projets d’art urbain à Paris. Ici, il est possible de contempler les œuvres de grands artistes internationaux, dont ceux qui ont décoré le quartier.

Lavo//matik, 20 Boulevard du Général-d'Armeé-Jean-Simon, Paris 13e. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h.

Galerie Itinerrance, 24 Boulevard du Général-d'Armée-Jean-Simon, Paris 13e Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h.