vendredi, août 31, 2018

7 Astuces pour obtenir des photos nettes sans pied

Greg CLOUZEAU
Je suis un photographe "aventurier" et "opportuniste". En effet, je pars très souvent sans vraiment savoir quel type de photographies je vais faire notamment lors de mes randonnées ou séance d'escalade. Comme je me traîne déjà un boîtier pro qui pèse un âne mort, je ne m'encombre jamais d'un pied photo (trépied ou monopod). Du coup, s'il me prend l'envie de faire des images dans des conditions de lumière difficile, je dois improviser. D'ailleurs lors d'une randonnée, d'une course de montagne, ou d'une descente en canyon, je me vois mal dire à mes compagnons, "attendez-moi, je dois monter un pied photo pour réussir mon image de filé de cette cascade, mon panorama ou cette photographie d'un éclair" ! Déjà qu'ils ont du mal à supporter mes arrêts incessants pour capturer ici un papillon, là un paysage, j'imagine ce que cela donnerai si j'avais un compagnon à 3 pattes ! Alors, comment réussir des images nettes avec des vitesses très lentes ? Voici quelques astuces testées sur le terrain et qui permettent de se passer d'un pied même pour le feu d'artifice de la Saint Louis à Fontainebleau !







En générale, pour faire des images nettes, il faut certes bien faire la mise au point mais aussi adapter sa vitesse et être le plus stable possible. On dit souvent que la bonne vitesse d'obturation correspond à l'équivalent du ratio focale/vitesse soit avec un 24 mm jamais moins de 1/24s en plein format ou, avec un capteur type APS-C et son coefficient multiplicateur proche de 1.5, 1/36s. A ces vitesse là, avoir une image nette à main levée, c'est déjà pas gagné ! On peut certes avec un peu d’entraînement adoucir ou retenir sa respiration par exemple pour moins bouger mais bon après la montée du raidillon au col trucmuche, moi j'ai du bien mal à reprendre mon souffle. Et quand j'y suis, mes amis repartent !!! Donc voici quelques trucs qui peuvent vous sauver...enfin, vos images.


Primo, enclencher la stabilisation de l’objectif. Bah, oui, un bon objectif de reflex est en général pourvu d'un sélecteur nommée VR chez Nikon (pour Vibration Reduction) et IS chez Canon (pour Image Stabilizer) qui vous permettra de compenser les flous de bouger. Bon, attention c'est quand même pas la solution miracle mais ça aide. Ensuite, posez-vous bien sur vos deux jambes légèrement écartées et collez le coude qui soutient l’appareil contre l’abdomen. Calez l'objectif dans le creux de votre mains, inspirez profondément et déclenchez en expirant doucement et lentement.

Deuzio, passez en mode rafale ! Dans les conditions très mauvaises, en shoottant 4 à 6 images en continue, j'ai souvent sauvé une image ! En effet, vous avez mathématiquement plus de chance d’obtenir une photo nette car vous n’aurez plus le mouvement de l’index venant appuyer sur le déclencheur et qui est une des premières sources de flou de bouger.


Un sac peut très bien remplacer un trépied
Un sac peut très bien remplacer un trépied

Tertio, utilisez un pied de fortune. Un tronc ou une branche d'arbre, un rocher, ou même le sol, bref, toute surface réputée immobile peut vous aider à stabiliser soit l'appareil, soit vous même. Du coup, vous entendrez sans doute parler de "beanbag", "ricebag" et autres petits sacs remplis de haricots secs ou riz bio utilisés par certains photographes pour caler leur objectif notamment en photographie de rue pour rester plus discret qu'avec un trépdied. Avantage, c'est facile à confectionner soi-même. Une chaussette de ski ou un bas nylon peuvent très bien faire l'affaire et comme en randonnée le poids et un ennemi, on peut facilement les remplir de billes de polystyrène à l'image des poufs des années 70's. Personnellement, dans 90% des cas, mon sac à dos fait office de trépied. Je peux en quelques seconde changer son ajustement, passer d'un cadrage vertical à horizontal, etc.

Quarto : Il existe une autre technique de bout de ficelle, au sens premier puisque elle consiste a tendre une ficelle entre la semelle de sa chaussure et la main qui tient l'appareil. Ça fonctionne bien mais personnellement, mon bout de ficelle avait une furieuse tendance à faire des nœuds dans la poche. Enfin, on va pas se mentir, en condition de lumière difficile, il vaut parfois mieux sortir son dernier smartphone que son appareil photo. En effet, les photophones actuels sont de vrais pros en basse lumière !
Autre astuce, utilisez le retardateur du déclenchement. Une fois posé sur un support immobile, cadrez et appuyez sur le déclencheur et patientez (sur mon boîtier j'ai un déclenchement différé à 2 secondes ou 10) jusqu'au clic-clac. Si en plus vous avez un boîtier avec une possibilité de visé par l'écran arrière en live, c'est le top ! D'ailleurs les boîtier moderne peuvent aussi se piloter avec une petite télécommande, un smartphone ou une tablette !

Alors vous allez me dire pour photographier les étoiles, un feu d'artifice ou faire un filé en pause longue, ces astuces sont limites. Certes, mais elle fonctionnent plutôt bien si on en combine quelques unes. Par exemple pour le feu d'artifice 2018 de la Saint Louis à Fontainebleau, face à l'affluence et au nombre de pieds photo déjà en place, j'ai opté pour un angle au ras de l'eau, l'appareil posé sur mon sac à dos. Avantage, je suis assis aux premières loges pour profiter du spectacle, et mon n'appareil ne gène personne. Mieux, en cas de mouvement de foule, il est directement dans ma main !

Pour le coup, ici il faut débrayer de stabilisateur de l'objectif, faire la mise au point et les réglages vitesse / ouverture adaptés manuellement ,même si la tendance est plutôt de faire confiance aux mesures des appareils et leurs programmes « intelligents ». Un programme, aussi bon soit-il, ne saura jamais reproduire l'effet que l'on recherche.


Voici donc quelques unes de ces images faites avec la méthode décrite plus haut et les réglages suivants : 24mm mise au point manuel, f8, 8 secondes à 200 ISO et un retardateur caler à 2 secondes sur lequel j'appuis régulièrement. Ensuite, quelques recadrages ont été nécessaires car dans certaines positions le rabat de mon sac à dos était trop visible.


















jeudi, août 30, 2018

[SPORT] Reportage en canyon non loin d'Orpierre

Greg CLOUZEAU
Cet été, mon ami guide Nicolas Jeannin, m'invitais à faire quelques images dans un nouveau canyon près d'Orpierre qu'il compte mettre à son catalogue. Là, je me dis, t'es sympa mais mon boîtier il ne sait pas nager et craint carrément la flotte. Bon, avec un bon bidon étanche, une serviette sèche à l'intérieur, et un peu d'escalade par-ci par là, je vais quand même m'essayer. Honnêtement, et malgré le manque de lumière au début de la matinée, je ne suis pas trop déçu du résultat. Rien à voir avec les superbes images de Jean-François Delhom, photographe spécialiste du canyonisme mais pour un premier essai, je m'en tire pas trop mal.

Making of et petits trucs et astuces au passage…

Pour réussir, ses photographies en canyon, il faut déjà maîtriser un peu la photographie notamment dans les domaines du paysage, du couvert forestier et de l'eau mais surtout être très à l'aise dans le canyon et dans l'escalade puisqu'il faudra être autonome et évoluer en amont ou en aval du groupe… Soyez donc très prudent, vous assurez votre propre sécurité et celle de votre matos !
Pour faire de belles images en plongée ou contre-plongée et trouver les meilleurs points de vue, il faut parfois grimper, prendre des positions acrobatiques… bref se fatiguer ! Il est donc préférable de connaître le site pour trouver les meilleurs points de vue et savoir quand y aller (lumière, qualité de l'eau…).
Ici, c'était une découverte complète du site et il était hors de question que je ralentisse le groupe ! Pas le temps également chaque fois que je repère une zone intéressante, de retirer ma veste néoprène et mon casque dégoulinant… Je m'égoutte vigoureusement puis attrape ma serviette dans le bidon étanche pour bien me sécher les mains. En plus j'ai pris soin de mettre mon boîtier dans un sac plastique de congélation dont seul la lentille de mon objectif dépasse. Le pare soleil est-là pour éviter certaines projections d'eau quand les copains font de grosses bombes et les inévitables chocs contre les rochers. Le top serait d'avoir un boîtier étanche pour réaliser certaines images à moitié immergé.

Pas eu le temps de m'essayer aux poses longues… Les pauses longues qui donnent aux cascades cet effet de « filé » durent 1/3 de seconde minimum, et parfois jusqu’à 30 secondes quand il fait très sombre avec un diaph autour de f11. Juste un petit essai à main levé finalement pas si mal.
En tous cas, voici une petite sélection de mes images qui, je l'espère, retranscrivent l'ambiance tropicale de la première partie du canyon et le rôle du guide dans la sécurité d'une telle pratique.
Si vous voulez vous y essayer, n'hésitez pas à demander à Nicolas Jeannin à Orpierre.









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