mardi, mars 15, 2016

[TECHNIQUE] Mes astuces pour réussir ses images de concert.

Greg CLOUZEAU

Hier je vous proposais de tester les limites de nos boîtiers et du miens (épisode 1) en allant faire quelques photos de concert, c’est à dire dans des conditions extrêmes en termes de lumière. Une galère en termes de mise au point pour les autofocus. Une galère aussi pour trouver le bon couple vitesse, ouverture afin d’éviter les flous de bouger et les zones complètement cramées. Voyons la suite de ce test et quelques conseils pour faire des photos de concert.



QUELS RÉGLAGES EFFECTUER AVANT DE COMMENCER À PRENDRE DES PHOTOS ?



J’ai dit que l’on allait quitter le mode automatique pour pouvoir faire des réglages. Je commence par celui de la sensibilité (dans la mesure où c’est possible avec votre appareil !) Si ce n’est pas possible, faites des tests avec les modes « scène de nuit », « musée » ou même « portrait ».


LA SENSIBILITÉ, C’EST LES ISO.



Une image brûlée est définitivement perdue. Mieux vaut donc sous-exposer un peu que l’inverse. Sur une scène très éclairée, on peut envisager de faire des photos à partir de 800 ISO. Dans un pub, c’est hautement improbable !

Les boîtiers pros types Canon 5D, 7D ou Nikon D700, D3 par exemple peuvent monter sans souci à 3200 ISO, voir 6400 ISO.

Sur les boîtiers d’entrée de gamme je vous déconseille vivement de monter au-delà de 800 ISO sous peine d’avoir du bruit (voir épisode 1). Cela dit, il vaut mieux ça qu’une photo floue ! Donc, si votre appareil le permet montez encore les ISO mais il faudra passer par des logiciels pour corriger le bruit en post-traitement. Perso, comme j’aime pas travailler sur les images, je fais tout mon possible pour éviter le post traitement !


C’EST QUOI LA BALANCE DES BLANCS ?



Les pros shootent tous en RAW (en concert ou ailleurs). Cela leur permet de modifier la balance des blancs en post-traitement, c’est à dire de corriger les couleurs si le blanc n’a pas été considéré comme tel par le logiciel de l’appareil. La lumière notamment les rouge et verte sont parfois trop présente sur scène et personne n’aime se voir comme ça ! Sur mes boîtiers, j’ai tendance à rester en mode automatique pour la balance des blancs, celle-ci fonctionnant très bien . En revanche, je n’ai ni le temps, ni l’envie de passer du temps en post traitement. Je shoote presque toujours en JPEG et mes possibilités de corrections sont donc limitées…


 

QUEL MODE CHOISIR ? MANUEL, SEMI-AUTOMATIQUE, PRIORITÉ À LA VITESSE OU À L’OUVERTURE ?



Ici, on a besoin de capter de la lumière, parfois faible, sur des sujets en mouvement que l’on veut plus ou moins figer. Je fixe donc mon ouverture à f4 et laisse mon boîtier chercher la vitesse la plus élevée possible pour avoir une image juste. Sur un boîtier Canon, c’est le mode Av (A chez Nikon), c’est à dire « priorité ouverture ». Le boitier détermine le temps d’exposition qui va bien en fonction de la luminosité de la mesure (spot, voir épisode 1) et de la sensibilité choisie.


Mais il n’y a pas de règle absolue ! Certains pros qui travaillent avec des objectifs ouvrant à f1,8 vont fixer une vitesse genre 1/125s sachant que leur objectif le permet. C’est le mode Tv, c’est à dire « priorité vitesse ». Le boitier détermine l’ouverture qui va bien en fonction de la luminosité de la scène, de la sensibilité et de la vitesse fixée que tu as choisi.


La bonne vitesse pour éviter un flou de bouger doit être un chiffre qui ne doit pas être inférieur à celui de la focale m’a t’on dit. En gros 1/100 pour 105 mm… Mouais ! En dessous de 1/80, sur scène, tous mouvements entraînent un flou ! Il faut augmenter la sensibilité ISO pour obtenir une vitesse d’obturation suffisante (par exemple 1/200 si le chanteur est très mobile). Mais comme je suis ici au taquet en ISO (6400) et en ouverture de diaphragme (f4), il ne me reste plus qu’à surveiller la vitesse d’obturation. La vitesse minimum recherchée serait de 1/125°s …


Les instruments peuvent offrir d’intéressantes possibilités de cadrage et de construction de l’image. Mais dans certains cas, le déplacement du manche d'une guitare peut aussi masquer un zicos !



COMMENT FAIRE DES PHOTOS DE CONCERT SANS OBJECTIF PRO ?



Si vous n’avez ni une optique pro, ni même un gros zoom d’entrée de gamme, vous pouvez vous rabattre sur des objectifs fixes qui ont souvent de grandes ouvertures de diaphragme qui permettent de travailler dans des ambiances lumineuses difficiles. En revanche, vous serez limité au niveau des cadrages. Bah oui, en concert on ne peut pas trop bouger et une optique fixe ça ne zoome pas…

 

 

EN BREF POUR PHOTOGRAPHIER UN CONCERT ?


Appareil photo reflex ou réglable priorité ouverture
Objectif: de préférence un zoom ou une focale fixe à grande ouverture
Sensibilité : 3200 ISO
Mode de mesure de lumière : SPOT
Programme d’exposition : Semi automatique à priorité ouverture
Ouverture de diaphragme : f/4
Vitesse d’obturation : au moins 1/125s
Mise au point : autofocus sur le collimateur central
Balance des blancs : Auto
ET MON CANON EOS 5DII ?


La qualité des images est excellente et les détails sont bien préservés jusqu’à 1600 ISO, où les images sont encore pleinement satisfaisantes. Jusqu’à 6400 ISO, les images sont parfaitement exploitables et le bruit chromatique est bien contenu, même sans application du filtre de réduction du bruit électronique. En même temps, c’est bien pour ça que c’est un boîtier pro !



Allez, je vous montre tout l’album du concert … Pour ça il suffit de cliquer sur le lien suivant : https://flic.kr/s/aHsksZsgeo

lundi, mars 14, 2016

[TECHNIQUE] ET SI JE FAISAIS DES PHOTOS DE CONCERT (episode 1) ?

Greg CLOUZEAU
Mon boîtier habituel commence à montrer quelques signes de fatigue. Avec plus de 150 000 clics pour un boîtier reflex amateur, c’est déjà pas mal. Du coup, une belle occasion (merci Mimi) m’a permis de renouveler mon matériel et de basculer sur un vrai boîtier pro, c’est à dire avec un capteur plein format et des optiques de qualité ! Comment tester ses limites ? Et bien pourquoi ne pas s’essayer à la photo de concert ? Les conditions de lumières sont telles qu’il va falloir pousser les ISO au max et se mettre au taquet en ouverture de diaph’ Allez hop, une petite virée entre potes dans un Pub du Pays de Fontainebleau, à Barbizon, le long de l’ex N7, pour voir quelques « Musiciens Sans Talent ». Enfin… c’est ce qu’ils disent, parce qu’en vrai, ils envoient du bois les M.S.T. !
Voici donc quelques premières images (les autres arrivent) et quelques conseils issus de ce test photo pour celles et ceux qui voudraient s’y essayer.
 
 

POURQUOI UN PUB ?



Il n’est pas de bon Pub qui n’organise pas des concerts, des scènes ouvertes ou des Jams ! Faire des photos de concert d’artistes célèbres est souvent une vraie galère pour les photographes amateurs (et même certains pros). Droit à l’image des artistes, accréditations difficiles à obtenir, concurrence avec les autres pros, scène éloignée… En revanche, les patrons de Pub sont souvent bien plus accueillant et les artistes qui les fréquentent également ! Merci donc à Gilles et aux artistes des MST pour l’invitation.
 
MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
 

POURQUOI TESTER MON BOÎTIER EN CONCERT ?

Dans un concert, tout est réuni pour vous faire rater vos photos ! La lumière provient de spots de multiples couleurs alors que la salle est plongée dans le noir. Les contre-jours sont nombreux et surtout, cette lumière change et bouge beaucoup ce qui perturbe les mesures et la mise au point. Et bien entendu, le flash est interdit… En plus, les zicos et le public n’arrêtent pas eux aussi de bouger ! Figer l’instant T avec une basse lumière devient plus complexe qu’ailleurs et il faut pousser les capacités de son appareil jusqu’à ses limites. Plus facile à faire avec un appareil de pro qu’avec un reflex amateur, un smartphone ou un compact. Par ailleurs, beaucoup d’éléments peuvent gêner la composition de l’image : les micros, les câbles en tout genre, le public…et c’est sans parler des éléments disgracieux qui ornent parfois les murs de la salle. Bref, pour les photographes, c’est aussi Rock & Roll !
 
MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

 

C’EST QUOI LA DIFFÉRENCE ENTRE UNE PHOTO AVEC UN BOÎTIER PRO ET UN SMARTPHONE !



Les boîtiers d’entrée de gamme sont assez limités en performance : format de l’image réduit, ouverture et sensibilité maximale limitée… Par exemple, un boîtier amateur offre rarement une plage de réglage des ISO performante au-delà de 800 et les objectifs standards ont des ouvertures comprises entre 3,5 et 5,6 alors qu’une optique professionnelle ira jusqu’à 1,8. Idéal en basse lumière.


Pour les smartphone nouvelle génération, les appareils photos ont fait d’énormes progrès mais le capteur reste de taille réduite et le zoom numérique très mauvais. Ceci dit, ils sont en général assez doués en basse lumière et ouvrent souvent autour de 2. En grand angle, ils permettent donc de faire des photographies correctes dans des conditions difficiles même si vous ne maîtrisez rien des réglages. Mieux vaut ne pas espérer en faire des tirages sur papier de 30*40 cm.
 
Voici donc deux image pour comparer. La premières est un extrait d’une image prise avec un boîtier pro en dehors de la zone de mise au point à 6400 ISO, f4 et un zoom de 105 mm. L’image présente un grain encore acceptable, le noir du fond est …noir et l’on distingue même les poils sur les bras.


Ensuite, c'est une image issue d’un smartphone. Inutile de vous dire qu’une impression papier ne serait pas du plus bel effet ! Au delà d’un tirage 10*15 cm, cela devient très moche… à moins d’y passer des heures en post-traitement…et encore.



Agrandissement à 100 % d’une image prise avec un Canon EOS 5DII à 6400 ISO



Agrandissement à 100 % d’une image faite avec un smartphone Xpéria Sony

Bref, à partir de 800 ISO, l’image se dégrade. On parle de bruit (dans un concert c’est normal…) numérique, c’est à dire que certaines parties de l’image font apparaître de gros carrés et parfois de la couleur la où il n’y en avait pas.
 
 

 

COMMENT MESURER LA LUMIÈRE POUR DES PHOTOS DE CONCERT ?



Si vous faites une mesure de lumière globale, forcement, ça va pas le faire et comme en plus elle change tout le temps, l’autofocus risque de ramer pas mal avant de faire une mise au point net. Il faut donc croiser les doigts si vous avez un smartphone ou quitter les modes automatiques des reflex.


Du coup, j’opte pour une mesure de lumière dit « spot » qui permet de mesurer en un endroit précis de l’image (environ 3%) que l’on veut être bien exposé. Le reste sera peut être plus foncé ou plus clair mais votre sujet sera juste.


En effet, dans les modes automatiques, un reflex effectue une mesure de la lumière sur plusieurs zones (« évaluative » chez Canon et « matricielle » chez Nikon), or comme l’essentiel de la scène est sombre, le boîtier va surexposer l’image et le chanteur sera cramé (complètement blanc) ! Pour éviter ce phénomène, il faut mesurer la lumière uniquement sur l’artiste. Même la solution intermédiaire dite « mesure pondérée centrale » qui calcule l’exposition sur environ 15% de l’image à partir du centre, ne vous sauvera pas des forts contrastes.


Là encore, l’avantage ira aux reflex haut de gamme dont les performances de l’autofocus permettent de prendre en rafale de nombreuses images tout en suivant le sujet pour faire la mise au point. En parlant de mise au point, le top c’est de la faire sur les yeux de votre sujet (même si les chanteurs les ferment beaucoup !) Avec un zoom optique pro à f1,8, la profondeur de champ est très réduite, l’image est flou juste derrière et juste devant. Perso, je préfère travailler si c’est possible autour de f4 qui laisse un peu plus de marge. En faisant la mise au point sur le micro ou la bouche, le visage devrait être net. En revanche, rien à faire, le passage d’un spot blanc a quand même cramé une petite partie de la main de Bastos…mais rien de grave.
 
Bastos, le chanteur des MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
Bastos, le chanteur des MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
 


COULEUR OU NOIR ET BLANC ?



Perso, je suis un fan du noir et blanc ! En plus cela évitera à vos sujets de ressembler à Shrek, Hulk ou n’importe quel Barbapapa. En effet, dans les concerts, on trouve généralement une alternance de lumières vertes, rouges, bleues qui sont du plus mauvais effet sur certaines images. Je vous recommande donc vivement d’opter pour le noir et blanc. Sinon, la couleur cela peut aussi donner de beaux effets graphiques et les fans d’Andy Warhol vont adorer.


Les MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
 
Bastos, le chanteur des MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
Bastos, le chanteur des MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
 

Bref, je récapitule :
faites vous plaisir dans les pubs (avec modération)
préférez un boîtier pro pour faire de belles images dans ces conditions difficiles si vous voulez faire des tirages papier,
quittez les modes automatiques pour forcer certains réglages (j’y reviendrai dans le second épisode),
mesurez la lumière sur la plus petite partie de l’image (mesure spot) directement sur le sujet principal,
ne manquez pas la suite de l’épisode !
 
Bastos, le chanteur des MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
Bastos, le chanteur des MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau
 

lundi, mars 07, 2016

[SPOT] UN PAS DANS L’HISTOIRE EN VISITANT PROVINS

Greg CLOUZEAU
Les célèbres remparts de Provins
Provins est une ville fortifiée située à moins de 60 km à l’est de Fontainebleau qui fût d’une importance indéniable dans le commerce régionale. Elle a conservé derrière ses remparts de très nombreux monuments historiques qui constituent aujourd’hui un ensemble qui vaut bien une visite. Outre les remparts et autres monuments, de nombreux spectacles et animations a la belle saison transforme le lieu en véritable spot pour photographes amateurs de costumes médiévaux, chevaliers en amures et vols de rapaces.

Idéalement située sur la route vers l’Est de l’Europe, Provins devient le passage obligé des marchands, devenant la plaque tournante du commerce que constituent la Flandre et l’Italie, tournées l’une vers l’Europe du Nord et de l’Est, l’autre vers Byzance, l’Afrique et l’Orient.


Carte des échanges commerciaux, Provins
Provins est en effet à la croisée de routes, où convergent 9 chemins principaux et 11 secondaires. Cet emplacement permet à sa foire qui se tient deux fois par an, de devenir un des hauts lieux du commerce en Europe, particulièrement aux XIIe et XIIIe siècles.Elle frappe même sa propre monnaie : le denier provinois (reconnu pour sa valeur dans toute l’Europe médiévale).




Les foires sont des lieux de commerce de gros. On n’y vend pas au détail comme sur les marchés mais par ballots, caisses ou tonneaux.
On y échange des produits de toutes natures venus de tous les pays européens : laines, draps, vins, fourrures, teintures, orfèvrerie…


Il faut attendre la deuxième moitié du XIIIe siècle, pour que les foires des Flandres et de la Vallée du Rhin, fassent concurrence aux foires de Champagne. Un déclin économique qui annonce le déclin du pouvoir comtal.

Cette période du commerce florissant s’achèvera progressivement au cours du XIVe siècle, lorsque les routes du commerce européen évoluent avec le passage des Alpes par les cols, et l’utilisation accrue du détroit de Gibraltar.
 
Vue sur les toits de Provins, Seine et Marne
Vue sur les toits de Provins, Seine et Marne
 
Aujourd’hui, cette ville dynamique multiplie les événements pour mettre en valeur ce patrimoine historique avec de nombreuses animations dès les beaux jours le long de ses superbes remparts ! Un agenda chargé à partir du 26 mars à découvrir sur le site de la ville. En attendant, les visites se font au calme…

Fin de soirée sur les remparts de Provins
Fin de soirée sur les remparts de Provins