vendredi, septembre 22, 2017

[MATOS] SNAPSEED, MON APPLI PHOTO FAVORITE SUR SMARTPHONE A FAIT PEAU NEUVE

Greg CLOUZEAU
Comme vous le savez certainement, pour mon projet photographique 365, c’est à dire la publication quotidienne d’une photographie originale (voir cette page pour plus d’explications) j’utilise l’appareil photo de mon smartphone et une application pour les retouches et signature. Parmi toutes les applications testées, Snapseed est, selon moi, l’application photo la plus complète et efficace, bref, indispensable. Je lui ai déjà consacré ici plusieurs articles car c’est aussi la plus intuitive dans l’utilisation. Avant hier, l’interface a évolué par rapport à ma présentation initiale puisque Google a mis en ligne la version 2.18 ! L’occasion pour moi de revenir sur son fonctionnement à base calques indépendants et modifiables.


 C’est quoi Snapseed ?


Snapseed est à l’origine une application de retouche photographique présente sur iOS. Peu de temps après le rachat d’Instagram par Facebook, Google a mangé SnapSeed en la rendant gratuite au passage. En septembre 2013, Google avait lancé une version Native Client pour Chrome de SnapSeed, en lien avec Google+, pour permettre des retouches de photos plus profondes avant de lancer la version 2.0 en 2015 cette fois sur Android et iOS. Cette application très complète et facile d’utilisation est devenue un outil indispensable.





Snapseed Version 2.18 ça change quoi ?
Cette nouvelle mise à jour apporte une nouvelle interface ne révolutionne pas particulièrement l’application, mais l’interface a encore été simplifiée. Sur fond blanc, et avec trois onglets, elle facilite un peu plus la lecture sur les petits écrans. Je l’utilise pour signer mes images mais aussi traiter le noir et blanc à partir d’une image couleur faite au smartphone. Ainsi, toutes mes images de la série lèche vitrine sont issues d’un traitement avec Snapseed.




Peu de nouveautés si ce n’est l’arrivée de nouveaux filtres pré-formatés nommés STYLES à l'image et qui fonctionne comme ce qui se fait sur Instagram. Su coup, ils vous sont proposés en priorité dès l’ouverture d’une photo. Bon, je suis pas très fan des filtres préfabriqués car ils suppriment à mon goût l’exploration créative… Toutefois, certains sont très bien faits comme celui nommée « Morning », le « Fineart » noir et blanc…
La vrai nouveauté c’est que vous pouvez maintenant effectuer vos modifications sur une image et les enregistrer sous forme d’un nouveau filtre, applicable rapidement sur les prochaines photos. Une option bienvenue qui vous fera gagner encore un peu plus de temps dans les transports et le partage de vos images. Qui plus est, pour celles et ceux qui souhaitent conserver une homogénéité de le traitement et la présentation de leur images pour créer une série, c’est top !
Enfin, l’autre changement concerne justement l’exportation et le partage des images. Désormais, vous pouvez partager directement depuis l’appli, enregistrer une copie, exporter en modifiant le format et la qualité d’image désirée (mais il faut faire la sélection en amont). En plus, Snapseed nous offre aussi la possibilité d’enregistrer l’image dans un dossier choisi ce qui est quand même, beaucoup plus pratique pour préparer l’editing de ses fichiers.



Parmi les nouvelles fonctions lancées discrètement en mars, il y un filtre de double exposition, à savoir la possibilité de sélectionner deux photos et de les fusionner. L’utilisateur peut bien entendu modifier l’opacité de l’image produite pour faire ressortir une des deux images fusionnées. Si je ne l'utilise pas beaucoup, j'ai apprécié les performance en terme de création graphique notamment en architecture et abstraction.

Parmi les dernières nouveautés l’outil « Développer » devenu « Perspective » qui permet d’augmenter la taille du cadre d’une photo et de le remplir avec du noir, blanc, ou alors du contenu généré à partir de l’image pour paraître presque natuel naturel. Il faut un peu bidouiller mais c’est pas mal !





Un nouvel outil « Pos portrait » permet de manipuler avec le doigt la pose d’un visage sur un portrait pour modifier l’orientation de la tête ou la direction du regard. À noter que cela fonctionne uniquement avec une seule personne sur l’image. Le rendu est assez étonnant. Cette nouvelle fonctionnalité permet également de modifier la taille des pupilles, l’intensité du sourire, ainsi que la longueur focale apparente du portrait photo.
L’app est toujours disponible gratuitement sous iOS et Android et n’intègre aucun achat supplémentaire ! Bref, c'est le top.

vendredi, septembre 15, 2017

[MATOS] COMMENT FAIRE DES PHOTOS SOUS LA PLUIE !

Greg CLOUZEAU
Mercredi 13, le CIO remettait officiellement les anneaux olympiques pour #Paris2024 à la délégation française à Lima. Sans attendre les festivités officielles prévues ce week-end, les Grands Magasins du quartier Haussmann ont immédiatement fêté l’événement en invitant habitants du quartier et employés à courir ensemble un premier cent mètres sur un boulevard totalement fermé à la circulation pour la circonstance !
Invité par le Magasin Printemps à couvrir l’événement, j’ai pu tester la photographie dans des conditions limite catastrophiques : de nuit et sous une pluie battante ! Jeux pluvieux, J.O. heureux ? L’avenir nous le dira mais en attendant, petit retour d’expérience sur un shooting très arrosé.



Donc, à l’approche de l’équinoxe d’automne arrivent les belles couleurs d’automne, le brame mais aussi, la pluie. Ma perspicacité légendaire m’a permis de déduire que la pluie, ça mouille ! Ce n’est sans doute pas une raison pour remiser l’appareil sur l’étagère. Au contraire, la pluie fait fuir bon nombre de photographes ce qui laisse de la place aux plus courageux… Voici donc quelques trucs et astuces pour profiter de la pluie et gérer les problèmes qu’elle ne manque pas d’apporter.

Les appareils photos numériques sont des petits bijoux de technologie et d’électronique. Du coup, quand il pleut comme vache…, beaucoup hésitent à sortir leurs plus beaux cailloux. Forcément, nos appareils et objectifs y sont très sensibles. Pourtant, il faut souvent sortir quelle que soit la météo, pour obtenir des images originales et différentes des concurrents. Cela suppose de prendre quelques précautions…

Comment protéger son appareil de la pluie ?

Avant tout chose, commencez par vous protéger vous-même !
Attendre plusieurs heures sous une pluie battante, le passage de trailers en pleine montagne ou l’arrivée d’un cerf sur la place de brame nécessite de s’isoler correctement de l’eau et du froid. Là, je profite de mon expérience et matériel de montagne. Sous-vêtement thermique et respirant, sous couche, vêtement de pluie type Goretex, chaussette chaude, bonnet, et même gants sans oublier les chaussures étanches, seront peut-être de la partie. Pour la ville, les bottes et un poncho peuvent être très utiles.
Ensuite, vient le matos.

Boulevard Haussmann sous la pluie parisienne
Boulevard Haussmann sous la pluie parisienne
Là, j’ai une préférence pour les boîtiers reflex et objectifs tropicalisés (donc pros ou semi-pros) qui résistent très bien à des pluies digne d’une mousson. Comme les changements d’objectifs seront au mieux très difficiles, au pire catastrophiques, j’opte pour un zoom de type 24-105 mm f4 monté sur un boîtier plein format. Si votre appareil craint l’eau, il y a plusieurs accessoires pour le mettre à l’abri des goûtes. Sinon, vous pouvez aussi investir dans certains compacts étanches ou un caisson de plongée.
Le matos se range dans un sac qui, donc, lui aussi doit être étanche pour résister à la pluie !
Sous la pluie, vous pouvez aussi utiliser des housses plastiques adaptées à votre reflex et à votre objectif. Ewa Marine, marque spécialiste du sac étanche, propose une gamme d’accessoires pouvant protéger votre matériel de la pluie avec l’avantage d’être réellement adaptés à un reflex numérique. Mais, rassurez-vous, vous pouvez aussi fabriquer une housse « maison » avec un sac plastique et des élastiques ! Elle sera à jeter (pensez tri sélectif) à la fin de votre prise de vue mais franchement, cela sauve une séance.

Le plastique, c'est fantastique !



Enveloppez votre appareil dans un sac plastique type congélation (ou autre sac plastique)
Faîtes un trou pour laisser passer l’objectif, puis fixez le sac autour grâce à un élastique ou avec le pare soleil.
Débrouillez-vous pour vous laisser au minimum : un accès au viseur, au maximum, aux commandes arrières du boîtier.
C’est moche, assez ridicule (surtout si vous prenez un sac permettant d’y plonger votre tête) mais c’est efficace !
Pare-soleil et filtre UV sont aussi de la partie malgré l’absence du soleil ! Le filtre UV vissé sur votre objectif protège la lentile des rayures et de la pluie. Essuyez-le régulièrement avec un chiffon en microfibre.
Enfin, n’oubliez pas de prendre plusieurs chiffons spéciales photo que vous garderez bien au sec dans votre sac photo pour essuyer régulièrement votre matériel. En plus de ceux-ci, j’utile de petites serviettes de bain en microfibre. C’est ultra léger, peu encombrant, très absorbant et sèche très vite !
Petit truc indispensable à savoir, nos appareils et objectif détestes les chocs thermiques ! Si vous êtes dans un endroit climatisé ou chauffé, voir que vous planquez votre boîtier sous la veste en courant et que vous sortez votre matériel photo tout de suite après, de la buée va inévitablement se former sur votre lentille d’objectif. Photos flous garanties.
Sinon, il vous reste la solution du parapluie ! A éviter par grand vent ou dans la foule… Tout seul, c’est vite très ch… Par contre, si vous êtes accompagné(e)…
A deux…c’est mieux !

Que photographier par temps de pluie ?

La pluie apporte avec elle beaucoup de sujets intéressants pour le photographe. Si, si, vous allez voir : des nuages, de l’eau, des reflets, des gouttes, des arcs-en-ciel… et aussi des parapluies et des gens mouillées !
Par temps d’orage, les nuages peuvent être exceptionnels notamment à l’heure dorée. Le noir et blanc sera aussi souvent le bienvenu. La photographie par temps de pluie va réveiller votre créativité, avant, pendant et après l’averse. Jouez avec les gouttes sur les vitres. Après la pluie, il reste de l’eau, beaucoup d’eau ! Je pense toujours aux flaques. De plus, l’eau qui met en valeur les surfaces : que ce soit la route qui est plus brillante et reflète les lumières, ou bien les capots de voiture couverts de gouttelettes.
Enfin, les gens mouillés aiment rarement l’être ! A vous d’en profiter ! Composer avec les parapluie, les pas pressés, les couvre-chefs improvisés… Et puis, il y a aussi ceux qui s’en amuse et vous offriront des portraits plus originaux.








mardi, septembre 05, 2017

[NATURE] DES BOUQUETINS AU SOMMET DU MONT AIGUILLE

Greg CLOUZEAU
Et si les bouquetins du Mont aiguille n’étaient rien d’autres que les descendants du fameux bélier décrit par Rabelais dans son récit de l’ascension de cette montagne ? En effet, au XVIe siècle, Rabelais, a beaucoup écrit sur cette région. Dans un précédent article, j’avais évoqué Orpierre et son Quiquillon, cailloux tout droit sortie de la chaussure de Gargantua. Dans le Quart Livre, Rabelais relate avec tout l’imaginaire qu’on  lui connaît, la première ascension faite par Antoine de Ville de ce qui était encore appelé le « Mont Inaccessible ». Et que trouva  ce nouvel alpiniste au sommet de cette montagne légendaire : un bélier !? Et s’il s’agissait tout simplement d’un bouquetin ?

« Ainsi dict pource qu’il est en forme d’un potiron, et de toute memoire persone surmonter ne l’a peu, fors Doyac, lequel avecques engins mirificques y monta et au-dessus trouva un vieux bélier. C’estoit à diviner qui là transporté l’avait. Aucuns le dirent, estant jeune aignelet, par quelque aigle ou duc chaüant là ravy, s’estre entre les buissons saulvé. »
En effet, il n’est pas (plus) rare de croiser ces mammifères sur les vires de la montagne car, après une longue absence, le bouquetin des Alpes est de retour dans le massif. Nous avons croisé les premiers individus juste sous le pied de la voie normale du Mont Aiguille. Mais de là à les croiser gambadant sur la prairie sommitale… Pourtant, il y a quelques jours, j’ai pu en observer juste en dessous sur les vires de descente, au dessus des Tubulaires (nom d’une voie empruntée à la descente)… Bien entendu, les spécialistes du “mont inaccessible” suspectaient leur présence sur la prairie sommitale depuis plusieurs années mais sans savoir exactement par où ils passent.

Bouquetin sur les pentes du Mont Aiguille, Isère

Bouquetin sur les pentes du Mont Aiguille

Les croiser au-dessus du couloir des Tubulaires est assez hallucinant ! Mais par où grimpent-ils alors que nous descendons par un grand rappel de 45 mètres ? En 2012, un journaliste local pensait (à tort) que personne les avait encore photographié sur la grande prairie sommitale.


Mais au fait, c’est quoi un bouquetin ?


Le Bouquetin des Alpes (Capra ibex ibex), est un mammifère protégé, ruminant et herbivore qui vit entre 15 et 20 ans. Rappelons donc que leur chasse n’est pas autorisés ! Pour celles et ceux qui sont assez nuls pour confondre comme moi un bouquetin avec un chamois, sachez que le bouquetins c’est celui qui est clair sous le ventre alors que le chamois porte un masque beige clair et que ses cornes ont la forme d’hameçon.
On distingue dans les bouquetins, le Cabri, c’est à dire un jeune dans sa première année sans différenciation de sexe, des éterles et éterlous (les femelles et mâles dans leur deuxième année) qui seront nommées étagnes et boucs à partir de trois ans. Un bouc mesure en moyenne 80 cm au garrot (au-dessus de l’épaule) pour une longueur totale, du museau à la queue, de 150 cm. Il pèse en moyenne entre 65 et 100 kg suivant l’âge et la saison. Dès l’âge de 3 à 4 mois, il porte des cornes persistantes ornées de bourrelets. Les cornes croissent durant toute la vie jusqu’à atteindre parfois plus d’un mètre de longueur.
Bouquetins sur les pentes du Mont Aiguille au départ de la voie normale
Bouquetins sur les pentes du Mont Aiguille au départ de la voie normale

La femelle, l’étagne donc, est plus petite et plus fine, ne mesurant qu’environ 75 cm au garrot pour une longueur de 110 cm. Son poids oscille entre 35 et 50 kg suivant la saison. Elle porte des cornes dépourvues de bourrelets qui sont plus minces et plus courtes (30 cm au maximum).
Pour les plus jeunes sujets, la reconnaissance du sexe est généralement impossible dans la première année et reste délicate jusqu’à l’âge de trois ans. Les cabris portent des cornes qui ne dépassent pas la taille des oreilles. Les cornes constituent un élément moteur dans la reconnaissance des sexes (à travers les bourrelets de parure), mais également pour déterminer l’âge (stries de croissance). Chez les éterlous, les cornes se font plus épaisses et les premiers bourrelets apparaissent. Chez les éterles, elles sont plus minces et dépourvues de bourrelets.

Bouquetins sur les pentes du Mont Aiguille au départ de la voie normale
Bouquetins sur les pentes du Mont Aiguille au départ de la voie normale

Au cours de vos randonnées en montagne, en étant un minimum discrets et observateurs, vous pourrez rencontrer très facilement des bouquetins. L’observation de cette espèce est une activité captivante mais qui doit être pratiquée correctement, c’est à dire en respectant certaines règles car, contrairement à d’autres espèces sauvages (notamment chamois, chevreuils, etc.), le bouquetin ne prend pas la fuite rapidement et peut se laisser approcher facilement. Malgré une apparente quiétude, les animaux peuvent être stressés. Montagne oblige, ils courent rarement pour fuir mais se réfugient dans les secteurs rocheux et escarpés.
Bouquetin sur les pentes du Mont Aiguille au départ de la voie normale
Ne cherchez pas à vous approcher des bouquetins et au moindre changement d’attitude des animaux, éloignez vous.

En tous cas, croiser des bouquetins si près du sommet du Mont Aiguille est une magnifique preuve de la croissance de cette population estimée à près de 500 bêtes sur le territoire du Parc naturel régional du Vercors (dont une cinquantaine dans le Royans). Songez que seul 36 animaux ont été réintroduits en 1989/90. Un succès d’autant plus spectaculaire que plusieurs experts ne croyaient guère à l’adaptation du bouquetin sur ce territoire de moyenne montagne. Certes, c’est moins haut mais les crêtes du Vercors restent très sauvages et quasi désertes. Un milieu rocheux et vertical où leur agilité les a amenés à coloniser un environnement idéal.


A propos du Mont Aiguille.


Cette montagne est considérée comme le berceau de l’alpinisme. En effet, outre la découverte des Amériques, 1492 date aussi la première ascension du mont Aiguille. Elle est réalisée le 26 juin 1492 par Antoine de Ville, seigneur lorrain de Domjulien et Beaupré et capitaine du roi, accompagné, suivant différentes sources, de sept à une vingtaine d’hommes et d’un notaire. Jusque-là, le rocher Supereminet Invius (latin : « il se dresse, inaccessible ») est représenté sous la forme d’un rocher surmonté d’une pyramide renversée. C’est donc sur ordre de Charles VIII, roi de France que la conquête de ce « mont Inaccessible » eut lieu avec l’aide d’échelles destinées à la prise des châteaux forts. La montagne est alors baptisée « Aiguille-Fort » et il faut attendre 1834 pour qu’une seconde ascension soit réalisée par des habitants des villages situés en contrebas.

Le Mont Aiguille dans sa face la plus accessible, Vercors, France
Le Mont Aiguille dans sa face la plus accessible, Vercors, France

Aujourd’hui partiellement équipée d’un gros câble vieillot, la « voie normale » est sans doute l’itinéraire le plus commode en dehors des piste des bouquetins. Cette course de niveau PD+ avec quelques passages de 4a reste toutefois très exposée aux chutes de pierre (notamment dans la cheminée terminale). Je vous conseil donc de la parcourir avec un guide de haute montagne et un équipement adapté. La voie de 1492 a probablement disparu dans un des nombreux éboulements dont est coutumier cet montagne, la voie normale reprend l’itinéraire de Jean LIOTARD réalisé le 16 juin 1834.
Renseignements sur http://montaiguille.free.fr/