vendredi, février 24, 2017

[TECHNIQUE] Réussir ses photographies d'escalade en falaise !

La photographie d’escalade en falaise ou de travaux acrobatiques n’est pas chose aisée. Oui, tout le monde ne peut pas se suspendre dans le vide à plusieurs dizaines de mètres du sol tout en assurant sa sécurité et de celle du grimpeur et en faisant de belles images ! C’est d’ailleurs un métier qui a ses spécialistes. Rappelons donc tout de suite que même les grimpeurs et photographes professionnels sont soumis aux lois universelles de la gravité comme nous l’a rappelé l’accident de Mike Fuselier. Alors voici quelques rappels et astuces pour améliorer vos photographies d’escalade sur les falaises dès que les beaux jours vont revenir.
Plusieurs des images qui illustrent cet articles sont issues de mes premières séries en falaise dans le milieu des années 90. Elles sont scannées à partir des diapositives… Les autres (notamment celles de Cormot en Bourgogne), sont très récentes. Si le matériel de prises de vue et d'escalade a bien évolué entre ces quelques décennies, la technique reste la même !

Mes quelques conseils rapides pour jouer les photographes du vide.


Mante religieuse au départ
Mante religieuse au départ
La facilité incite le photographe amateur à photographier le grimpeur depuis le bas de la falaise. Malheureusement, les résultats sont souvent pas terribles. A moins de shooter une très belle sportive, les points de vue genre gros plan sur les fesses sont bien peu intéressants. Mais… Il tout de même possible de faire de belles images au pied des voies.

Ce peut être au départ de la voie, depuis une vire intermédiaire ou en des phases de préparation et repos. C’est aussi l’occasion de s’intéresser au cadre qui nous entoure, à la faune, la flore, le paysage, le matos, les nœuds, les manips de cordes…

Il semble donc que l’emplacement idéal pour photographier un grimpeur se situe plus ou moins à sa hauteur ou bien au-dessus de lui pour avoir une vue plongeante. Là, attention, il faut être capable de grimper, s’assurer, remonter sur la corde… en toute sécurité. On évitera aussi de se placer juste à la verticale du sujet tant pour l’image que pour la sécurité !


Voici quelques images faites dernièrement en vue d'illustrer un article sur l'escalade à Cormot. Notez que sur la première image, mon ombre en bas n'est pas du meilleur effet…


















Merci à Ivan, Arnaud, Xav, Steph, Juju et les autres pour ces belles journées…




Pour certains shooting, le photographe va rester pendu des heures dans le vide et devra donc s’armer d’un baudrier très confortable, voir du sellette mais aussi de tout le matos nécessaire et bien entendu de l'eau. Là, mieux vaut prévoir un sac avec une poche à eau plutôt qu'une gourde qui risquerait de tomber.



Alain Hoffmann, les kilos vont en enfer, 7a, Orpierre
Alain Hoffmann,
les kilos vont en enfer, 7a, Orpierre



Faites attention à votre placement par rapport au soleil. L’ombre du photographe, c’est pas terrible sur l’image. Il en va de même de la corde statique…
On privilégie les images de grimpeur en tête plutôt qu’en moulinette. Oui, la moulinette, ça fait pas très pro…
Enfin, méfiez-vous, certaines surfaces sont très réfléchissantes. C’est le cas par exemple des falaises de la Seine dont la craie blanche conduit à une sous exposition comme la neige ou l'eau qu’il faut donc compenser.

Dans les surplombs, le photographe ne touche parfois plus le rocher. Il lui faut savoir remonter et se déplacer sur une corde. Avec un peu de vent, il aura tendance… à tourner ! L’utilisation de pédales peut alors être un vrai plus. La daisy-chain pour se vacher à la bonne longueur est top…
Il peut être intéressant de travailler à deux cordées notamment dans les grandes voies. Une cordée photographie l’autre. Pour cela, le photographe prend la place de second et essaye de se mettre un peu au-dessus, en parallèle du leader de l’autre cordée… En revanche, il faut avoir le même niveau ou garder le rythme…


Un matos de pro



J’ai déjà consacré plusieurs articles au matériel de photographie d’escalade. Aujourd’hui, les pros utilisent encore massivement des réflexes mais sont de plus en plus séduits par les hybrides type XT-2 de Fuji (voir mon test dans les articles de 2016). En effet, comme il faut un boitier minimum (plus un, en cas de panne), des batteries pour tenir la journée et deux objectifs type grand angle et zoom, réduire le poids est une bonne chose.
Il y a pas de mal de jeunes photographes qui tournent aussi des vidéos et utilisent donc ces appareils à visée numérique dont les Alpha de Sony. Mais dans ce registre les choses évoluent tellement vite que je me garderai bien de vous conseiller tel ou tel produit.
Les très grands angles sont idéals pour essayer de rendre la hauteur (une couenne de 10 mètres peut même passer pour une grande voie du Verdon avec un 20 mm) et la grandeur des paysages. Les zooms permettent au contraire d’isoler un détail, de détacher le grimpeur, etc. Dans de nombreux cas, on peut s’en tirer avec 24-105 mm de base…

Voici une veille série faite en août 2000 avec Arnaud Ceintre à Céüse





Attention aussi à chaque changement d’objectif.


La poussière et la magnésie, les rayures mais aussi et surtout la chute peuvent facilement venir gâcher une très belle journée ! Chaque manipulation est à assurer. Vérifiez toujours deux fois que le sac de matos est bien accroché et qu’il est bien fermé et que vous, vous êtes correctement assurés.








Le regretté Thierry Nief à Orpierre
Choisir son site et ses sujets !


C’est une évidence mais pour faire de bonnes photos d’escalade, il faut déjà un beau site, une belle lumière (tard le soir, tôt le matin)… Faire des repérages, connaître les lieux est un vrai plus Ensuite, il faut des grimpeurs compréhensifs, patients (et si possible bien habillés). En effet, il faut parfois demander au grimpeur de refaire tel ou tel passage plusieurs fois pour avoir plusieurs angles différents et réussir à capter le geste où le regard.


Certains grimpeurs apprécient moyennement la plaisanterie quand vous leur dites qu’ils faut qu’ils refassent le crux du 7c+ parce que vous étiez entrain de regarder ailleurs ou que vous aviez oublié de changer la carte mémoire presque pleine.
Voilà, pour commencer.



Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires. J’y reviendrai !

Greg CLOUZEAU

Auteur & Photographe Amateur

Auteur de nombreux articles dans la presse spécialisée Outdoor et escalade, je partage dans ce blog ma passion pour la photographie et vous livre mes trucs et astuces pour réussir vos images tant dans le sport qu'en ville !

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