dimanche, juin 30, 2019

[ALBUM] Shaka Ponk au Festival Essonne en Scène à Chamarande

Greg CLOUZEAU
Samedi 29 juin 2019, dans le sud francilien, vous n'aviez que l'embarras du choix pour les concerts et autres festivals mais s'il y a bien un groupe français que je ne manque pas d'aller voir quand il passe près de chez moi, c'est bien SHAKA PONK ! Du coup, direction le Domaine Départemental de Chamarande pour la première édition du Festival Essonne en Seine placée sous l'égide des Francofolies ! Une vraie réussite au niveau de l'organisation et de la programmation.
Shaka Ponk si vous ne connaissez pas, c'est un groupe d'électro-rock français qui, depuis 15 ans, envoie du bois sur scène en mixant les codes du heavy metal, du funk voir du hip-hop. C'est aussi l'un des rares groupes à posséder un univers graphique totalement abouti et avec lui, un membre virtuel dans le groupe, le singe Goz qui donne la réplique tant aux musiciens Mandris à la basse, C.C (Cyril Roger) à la guitare, Ion (Yohann Meunier) à la batterie, Steve au clavier et samples qu'à Frah (François Charon) le chanteur et Sam (Samaha Sam) les chanteurs. Un univers que l'on doit entièrement à Frah, webdesigner, et Stan, un informaticien de Los Angeles. Début 2004, un ordinateur tombe en panne durant un concert, obligeant Frah à remplacer Goz  sur scène pour notre plus grand bonheur car si il y a bien un mec qui se bouge pour son public, c'est bien lui. Donc en plus du plaisir des oreilles vous avez le plaisir des yeux ! Je profite donc d'une sortie entre potes pour faire quelques images des "prêtres punk" dans une ambiance "muy caliente" de festival familiale !
Difficile de faire de très bonnes images avec mon vieux matos et au milieu d'une foule chauffée à blanc (celle de mon ami Frédéric David seront sans doute meilleures) tant par la température ambiante que par l'énergie que nous renvoie chaque fois ce groupe. En plus de kiffer le son, j'adore leurs engagements moraux notamment pour la planète. Voilà une sélection de mes images les moins pires que vous pouvez afficher en plein écran en cliquant dessus...

jeudi, juin 27, 2019

[TECHNIQUE] Réussir ses photographies des joueurs de feu

Greg CLOUZEAU
Il fait chaud, très chaud ces jours-ci. Du coup, pour vos sorties photographiques, privilégiez la fraicheur nocturne ! Vous aurez peut être la chance de croiser, jongleurs et autres cracheurs de feu. Le feu est bien entendu une formidable source de lumière. Seulement voilà, photographier directement une source de lumière qui bouge et change d'intensité rapidement c’est pas évident ! Après une première expérience il y a quelques années lors du Festival Pour un Autre Monde avec les Macadam Zarba, j'ai pu réviser mes réglages grâce à la flamboyante Anaïs L'amalice. Petit retour d'expérience sur 3 types d'images possibles avec le feu.

Anaïs danse avec le feu. Saisir son visage tout en conservant l'intensité des flammes s'est avéré difficile...
Anaïs danse avec le feu. Saisir son visage tout en conservant l'intensité des flammes s'est avéré difficile...





Lorsque l’on photographie des flammes, on la toujours un choix à faire entre la lumière, la couleur et la forme des flammes, ou le rendu de la scène générale, du mouvement et des personnages. Si les photos de jour sont tout à fait possible, les flammes ressortent souvent moins bien, écrasées par la lumière du jour, sauf à trouver un coin d'ombre, un artiste vêtu de noir…. La difficulté c'est de bien mesurer la lumière qui, si on laisse faire l'appareil, induit le capteur de mesure en erreur. Oubliez le mode auto et basculer en réglages manuels et mesure spot. Ce qui va faire la différence entre des photos banales et des photos réussies est donc la connaissance des mesures mais aussi du sujet car il permet d'anticiper, voir de travailler en collaboration pour réussir les poses longues. Lors de cette soirée, j'ai profité du spectacle d'Anaïs pour tester différents réglages sur la mise en valeur des flames, d'Anaïs ou du mouvement avec les poses longues.


Les filés. 

Pour rester dans les poses longues, il y a de très belles possibilités d'images mais elles nécessitent de travailler en étroite collaboration avec les jongleurs et avec un trépied (ce n'est pas mon cas). Comme c'est rarement le cas, le résultat est souvent plus proche de ceux-ci,  c'est à dire des ronds ou traînées assez banales et un fouillis plus ou moins esthétique. Compte tenu de l'éloignement de mon sujet (pour d'évidentes raisons de sécurité) et de l'obscurité, mon boîtier est calé à 6400ISO.
A f4 et 1/100e de seconde au 100 mm, les mouvements d'Anaïs sont bien figés et ceux des flammes s'allongent. A mon gout, elles sont déjà trop blanches. A f6.3 et 1/4 de seconde (la 3ème image), Anaïs devient flou et les flammes (légèrement cramées) laissent des trainées plus ou moins longues suivant la vitesse de rotations des bolas. Pour la dernière image de cette série, je ferme mon diaph à f14 et alonge le temps de pose à 1/2 seconde au 60 mm en prenant soin de bien caler mon boîtier. C'est pas mal, mais pas encore ce que je recherche. Je n'insiste donc pas sur cette voie et passe au deuxième thème : les flammes !







Avec un temps de pose plus long, le spectacle rentre dans l'abstraction et la féérie.
Avec un temps de pose plus long, le spectacle rentre dans l'abstraction et la féérie.






Maîtriser les couleurs des flames.
Suivant que l'on a affaire à des jongleurs ou des cracheurs de feu, les flammes seront très différentes. Pour les cracheurs, vous aurez de véritables dragons avec des jets longs et puissants ou de magnifiques boules de feu. Avec les jongleurs, outre la luminosité des flammes elle même, la difficulté augmente car il faut figer dans le mouvement.

Au niveau des réglages vous devrez donc prendre en compte ces différents paramètres :
−la taille des flammes,
−la luminosité environnante,
−la vitesse de rotation des flammes.

Pour figer les mouvements, choisissez une vitesse assez élevée et adaptée en fonction de votre focale. Pour la sensibilité et l'ouverture, c'est là que les choses se compliquent. Suivant les conditions d'éclairage et les capacités de votre boîtier commencez à 400 ISO. Pour l'ouverture enfin, ce sera fonction de la grosseur des flammes et des lumières résiduelles. Si les flammes sont de tailles convenables, on peut tourner entre f/5 et f/8 ! Pour vous donnez un ordre de grandeur, si la boule de feu fait 5 cm de diamètre elle est petite. En revanche, au delà de 15 à 20 cm, alors on peut commencer à parler de grosses flammes.



Pour ne garder que les flammes, ici 6800ISO, f5 et 1/8000
Pour ne garder que les flammes, ici 6400ISO, f5 et 1/8000



Et si on tirait le portrait de l'artiste ?
Si je trouve le rendu des flammes très intéressant à travailler, ne pas voir la relation qu'entretient l'artiste avec elles me chagrine. Du coup, changement de réglages. Mais saisir l'expression d'un visage en mouvement dans la pénombre et sans utiliser de flash pour ne pas déranger l'artiste est un vrai défi.  La complexité de ce genre d'image réside dans le fait qu'il faut prendre la photo au moment où la flamme est suffisamment près du visage pour l'éclairer et donner un peu de détail. Avec un cracheur de feu, c'est encore faisable en déclenchant lorsqu'il approche la flamme de son visage pour enflammer le jet. En mode rafale, vous avez de grandes chances d'obtenir quelques beaux clichés.









Pour les danseurs et autres jongleurs, avoir des base de jonglerie ou connaître la chorégraphie est un vrai plus pour anticiper la trajectoire et le moment le plus adéquat pour appuyer sur l'obturateur ! Capter les expressions d'un visage éclairé par ces chaudes lumières offre, selon moi, les plus beaux clichés de ce type d'image. Pour la série qui suit, les meilleurs résultats (c'est à dire les plus équilibrés entre ombre et lumière) tout en préservant la beauté des flammes sont obtenus avec une ouverture de f8 et 1/1000e de seconde au 100mm à 6400ISO.










Enfin, il y a aussi, les images des chaînes avec de la paille de fer en feu et les feux d'artifices ! Le principe est simple,  de la paille de fer est dispersée à grande vitesse et les résultats souvent spectaculaires. Un temps d'exposition un peu long permet d'avoir de la matière visuelle forte (comme pour les feux d'artifice, les jets pris un à un offrent peu de lumière). En revanche pour les  cônes mis au bout de bâtons ou de chaînes, il va falloir sensiblement réduire le temps de pose car ils produisent énormément de lumière. Dans la série suivantes, j'ai débuté à 1/40e de seconde à f14 et suis allé jusqu'à 1/500e de seconde pour figer les étoiles...









Voilà, si le sujet vous intéresse et que vous voulez voir ce qu'il est possible de faire comme images je vous invite à voir les sites de Yoann MOULIN http://www.yoannmoulin.fr
et Olivier ROBERT http://www.instantanes.net  deux spécialistes de ce genre d'image et surtout cet courte vidéo de Mitch Martinez qui a utilisé 48 appareils photos et plusieurs caméras à haute vitesse pour appliquer l’effet « bullet time » façon Matrix donc à des cracheurs de feu, sans utiliser d’effets numériques. https://www.laboiteverte.fr/des-cracheurs-de-feu-fige/