vendredi, juillet 29, 2016

[SPOT] A LA DECOUVERTE DU SILLON DE TALBERT

Greg CLOUZEAU
Si vous êtes en vacances en Bretagne nord, vous aurez certainement déjà fait le très touristique tour de l’Ile de Bréhat. Mais alors pourquoi ne pas visiter le Sillon de Talbert situé à quelques kilomètres ? C’est une très étrange langue de galets et de sable qui s’étend vers le nord-est dans la Manche sur environ 3,2 km de long mais seulement une centaine de mètres en largeur moyenne pour 10 de hauteur d’environ ! Autant vous dire que pour le parcourir dans son intégralité, il va falloir jouer avec la marée… Prudence donc  !




Le sillon est situé dans les Côtes-d’Armor sur la commune de Pleubian. Il se trouve entre les débouchés de deux petites rivières, le Trieux et le Jaudy dont l’action des courants, combiné à la marée, ont favorisé sa création par érosion littorale. Il Cette structure particulière est à la fois un site d’intérêt écologique et une curiosité géologique. Elle est protégée depuis la création en 2006 de la Réserve naturelle régionale du Sillon de Talbert qui couvre une superficie de plus de 18 hectares (hors surface couverte par le domaine public maritime). Le paysage est aussi exceptionnel que fragile. A visiter à marée basse mais par tous les temps ! De tous manières, sur cette bande de terre émergeante de Bretagne, mieux vaut se préparer aux  4 saisons dans la journée...

Sillon de Talbert, Bretagne, (C) 2015 Greg Clouzeau
Sillon de Talbert, Bretagne, (C) 2015 Greg Clouzeau

Le sillon de Talbert, Bretagne, 2015 Greg Clouzeau






À trois kilomètres au nord se trouvent les récifs des Épées de Tréguier sur lesquels est bâti le phare des Héaux de Bréhat marquant l’entrée ouest de la baie de Saint-Brieuc. Le sillon de Talbert constitue l’avancée terrestre la plus septentrional de la Bretagne. Toutes les images de cet articles ont été prises le même jour…ambiance changeante…
Cliquez sur une photographie pour les basculer en plein écran et si l'une d'entre elles vous intéresse, elles sont à vendre ! Contactez-moi...















Mais connaissez-vous la légende ?




« Morgane la fée habitait l’Ile de Talbert séparée de la côte par un petit bras de mer. Le Roi Arthur, au cours de ses longues chevauchées qu’il faisait autour de son château de Kerduel en PLEUMEUR BODOU, s’étant aventuré jusqu’à la limite du flot, au-dessus de PouBihan, aperçut la fée assise sur les rochers de son île, peignant au soleil sa longue chevelure. Aussi prompt que l’éclair de la bonne fée du roi, l’amour jaillit entre eux. Hélas la mer les séparait, Arthur dut revenir au château de Kerduel sans avoir pu joindre Morgane. Il cacha son dépit à la reine Guen-Archant et à la cour mais bientôt il retourna vers le royaume marin de la belle amoureuse. Celle-ci, dévorée de désir, n’eût pas plutôt aperçu le roi qu’elle emplit sa robe de cailloux blancs et entra dans la mer. Elle jeta loin devant elle un galet qui devint aussitôt un rocher sur lequel elle bondit, puis d’autres galets très rapprochés et les rocs se joignant formèrent une chaussée, bientôt la fée put se glisser dans les bras d’Arthur. Le Sillon du Talbert était né ; un tout petit bras de mer, Toul Ster, le sépare de l’îlot et seul le bond d’une fée peut le franchir. Morgane le voulut ainsi afin d’interdire l’entrée de son asile aux profanes. »


Sillon de Talbert, Bretagne, (C) 2015 Greg Clouzeau


vendredi, juillet 22, 2016

[TECHNIQUE] TU FLASHES OU PAS POUR LA PHOTOGRAPHIE D'ESCALADE ?

Greg CLOUZEAU
Lors du Font & Bleau Contest (promis c’est mon dernier article sur le sujet), nous étions très nombreux à faire des photographies et ce, sans compter celles faites avec nos redoutables smartphones. Parmi les photographes pros, il y avait notamment Gilles Reboisson et Thinh Souvannarath beaucoup plus connu sous le pseudo de Little Shao. Tous deux ont parfois shooté assistés d’un puissant flash déporté. A regarder les photographies de blocs qui circulent sur les réseaux sociaux, vous aurez peut être remarqué que c’est une vraie tendance de la photo d’escalade en bloc depuis quelques années. J’en suis pas très fan (je vais vous dire pourquoi) mais je trouvais intéressant d’évoquer ici la photographie assistée de sources de lumière complémentaire.



Pourquoi utiliser un flash en extérieur ?


La photographie c’est toujours une histoire de gestion de la lumière. Pour faire simple, le photographe a le choix entre trois grands types d’exposition : sous-exposition, sur-exposition ou exposition conforme à la réalité. Le problème, c’est que la plupart des scènes photographiées sont rarement homogènes en terme de lumière. En effet, il y a presque toujours des zones sombres et des zones claires qui vont créer des contrastes plus ou moins importants et obliger le photographe à faire un choix pour privilégier l’une ou l’autre. Pire, il y a parfois des conditions de lumière naturelle incompatibles avec la photo d’escalade, notamment en bloc où l’on se retrouve parfois au fond d’une grotte ou dans un sous-bois ultra sombre !

Tony dans le 7A+ d’Abyss, pas d’utilisation du flash mais une montée à 3500 ISO. (C)2016 Greg Clouzeau
Pour cette photo de Tony dans le 7A+ d’Abyss, pas d’utilisation du flash mais une montée à 3500 ISO.

J’adore le soleil mais il a ses limites en terme de photo et peut même vite devenir notre pire ennemi ! Il va parfois nous offrir une magnifique lumière chaude et dorée et des couleurs saturées, mais en été, il offre en général une lumière très dure. Suivant sa position par rapport au sujet, il provoquera des contrastes affolants avec des ombres très marquées. Donc cet été, si vous voulez tirer le portrait de Tata Jeannine, méfiez-vous des ombres sur son visage cela peut être de très mauvais goût ! Voilà pourquoi, même en extérieur, les photographes de mode utilisent un flash. Cette source de lumière déportée et bien gérée permet de gommer les mauvais effets du soleil sur une image.

Mais attention, un flash mal orienté ou mal dosé peut aussi donner de très mauvaises images ! Oubliez tout de suite le flash d’appoint de votre boitier ou celui de votre smartphone, ils sont mal placés et relativement peu efficaces. D’ailleurs, vous avez sans doute dans vos photos, celles où votre sujet à les yeux rouges (ou blanc s’il a des lentilles), des visages à l’aspect « fromage blanc » ou au contraire ultra-brillants !

Même pour ce plan serré en lumière dure d’été, je préfère jouer les contraste que déboucher l’arrière plan d’un coup de flash.
Même pour ce plan serré en lumière dure d’été, je préfère jouer les contraste que déboucher l’arrière plan d’un coup de flash.

Perso, j’aime assez les images contrastées et je privilégie très souvent les hautes lumières quitte à plonger le reste de l’image dans une quasi obscurité. Un truc impensable pour un portraitiste ou un photographe de mode. Eux cherchent toujours contre-balancer cette différence d’exposition grâce à une source de lumière supplémentaire… et ils le font bien.

 Mais alors pourquoi utiliser un flash pour la photo d’escalade en site naturel ?


Outre les inconvénients cités plus haut, un flash a aussi la fâcheuse tendance à se refléter sur toutes les surfaces réfléchissantes. Bref, si ce sont là les principales raisons qui me rebutent dans l’utilisation du flash, la principale reste que je trouve que cela dénature, au sens littéral, l’image. Bah, oui, apporter de la lumière là où il n’y en a pas conduit inévitablement à une vision déformé de la réalité. Mais visiblement cela semble plaire de plus en plus ! Ainsi, parmi les photographes de blocs (pour ne prendre que cet exemple) ils sont de plus en plus nombreux à utiliser flashs et réflecteurs.

Lors du Font & Bleau Redbull, vous aurez sans doute remarquez l’assistant du photographe Little Shao et son très gros projecteur. Je me suis demandé si c’était une volonté de la marque ou un choix artistique ? En effet, je trouve que les images « officielles » de cette évènement sont très métalliques. La forte lumière blanche du spot et les tee-shirts bleus donnent un aspect qui fait penser inévitablement à la canette de la marque. En fait, c’est bien un choix artistique. C’est même une signature de Little Shao.

Thinh est un photographe qui a renoncé à une carrière dans la banque pour se consacrer exclusivement à ses deux passions, la danse et la photo. Et quel succès ! Avec quelques 98.000 fans sur Facebook, ce jeune professionnel couvre les scènes les plus branchées de la culture urbaine internationale. D’origine vietnamienne ce parisien pratiquait déjà le hip-hop bien avant d’en immortaliser les mouvements et acrobaties. Et là, pas de mystère, pour figer certaines scènes, le flash, c’est top !
 Qui d’autres a fait ce choix artistique en escalade ?
Ils sont nombreux et je ne vais certainement pas tous les citer ici ! Je vous propose par exemple de jeter un œil aux travaux de Gilles Puyfagès qui a présenté de nombreuses photos à l’éclairage »sur naturel ». Alban Levier, quand il ne fait pas de compétition, semble lui aussi assez porté sur le flash… Sur le site BoulderClassics.com, le photographe Markus « Ixi » Ixmeier use et abuse de ces lumières déportées comme ci-dessous où cela reste raisonnable.
Donc, comme je le disais plus haut, outre les problématiques de dosage de la lumière, je trouve que les sources de lumière déportées dénaturent, au sens littéral, l’image. Elles créent des ombres là où il ne devrait pas y en avoir, éclairent des zones qui devaient rester dans l’obscurité, etc. C’est un choix. Ce n’est pas le miens. J’aime la photo authentique, celle que l’on peut faire sans préparatif, celle réalisée sur le vif. Et oui, c’est aussi par flemmardise.
Quelques trucs à connaître si vous vous lancez dans la photographie au flash
L’utilisation d’un flash c’est grosso modo le même principe d’exposition que l’exposition standard en photographie. Mais voici quand même les 3 règles les plus importantes à retenir :
  1. La distance entre le flash et le sujet permet de contrôler l’intensité de la lumière qui arrivera sur le modèle.
  2. L’ouverture permet elle aussi de contrôler la quantité de lumière qui va éclairer le sujet.
  3. La vitesse quant à elle permet de définir la durée pendant laquelle la lumière ambiante sera visible sur la photo.
Un flash, un spot ou un réflecteur c’est un peu comme un deuxième “soleil en miniature” mais il faut savoir si celui-ci éclaire plus votre sujet que le véritable ! En effet, si la lumière du flash est plus puissante que la lumière ambiante, vous allez ajouter une source de lumière dans votre photo. Le principe du « Flash » est de produire un éclair durant une durée fixe qui va “figer” votre scène et ce, indépendamment de la vitesse. Du coup, pour contrôler l’ajout de la lumière ambiante dans votre image il faut jouer avec la vitesse. Plus la vitesse est lente, plus la lumière ambiante sera présente, moins la lumière flashée est visible !

Placé dans le même axe que Little Shao, j’ai bénéficié de son flash pour cette image…

Placé dans le même axe que Little Shao, j’ai bénéficié de son flash pour cette image…
Ombre surnaturelle et lumière froide sous le surplomb


Attention, cela ne veut pas dire que le choix de la vitesse ne modifiera pas la zone exposée par votre flash mais l’arrière-plan. Il existe de très nombreuses techniques sur l’utilisation des flashs qui peuvent être synchronisés avec la vitesse. Je ne vais pas rentrer dans le détail d’autant que ce n’est pas ma spécialité mais me borner à l’évocation de quelques techniques. A vous de tester, creuser, rater…et recommencer !

Réaliser un « fill-in » :

Cette technique est utilisée lorsque le sujet est en contre-jour ou dans une zone d’ombre. Elle permet de rééquilibrer la photo pour que le modèle ne soit pas sous-exposé par rapport à l’arrière plan. Un coup de flash bien dosé permet donc de « déboucher » le sujet. Plus le contre-jour est violent (c’est souvent le cas à la plage ou en montagne sur la neige), la mesure d’exposition faite par l’appareil enclenche souvent une vitesse nettement supérieure à la vitesse de synchronisation du boîtier avec le flash ! Il faut alors utiliser le fill-in HS (haute vitesse) mais encore faut-il que le flash possède cette option. Si c’est le cas, le flash délivrera une série d’éclairs ultra-rapide pendant le parcours du rideau devant le capteur ceci afin d’éviter l’apparition d’une bande noire sur le cliché. Il existe aussi le cas inverse : la synchro lente plutôt adaptée à l’indoor. En gros, l’éclair va illuminer le sujet principal et le boîtier enregistrer la photo avec une mesure d’exposition effectuée sur l’arrière-plan. En escalade, cela fonctionne bien dans certaines salles mais sur les sujets en mouvements rapides (un jeté, une chute, ou un run and jump notamment) bien que le réglage au second rideau donne une impression de « filé », le personnage peut se trouver dédoublé…


Cas du flash indirect :
En général, avec un flash normal, en usage x-TTL l’allongement du temps de parcours de l’éclair et sa perte de puissance par absorption est prise automatiquement en compte par le boîtier lors de l’émission du pré-éclair. Cette technique donne donc des photos plutôt harmonieuses et les photographes de mode s’en servent très régulièrement.
Les têtes de flashs sont également munies d’un diffuseur qui permet d’ouvrir l’angle d’éclairage et assurer une meilleure diffusion de la lumière. On peut sans souci utiliser de diffuseur en flash direct pour des focales supérieure à 50mm pour réduire l’impact de l’éclair sur le sujet.


Jean Pierre Bouvier dans Atomic Play Boy
Voici une très vieille image où le coup de flash se fait bien sentir non ?
Jean Pierre Bouvier dans Atomic Play Boy


Mais de plus en plus de photographes utilisent des flashs indirects dont certains sont d’une puissance phénoménale. Il n’y a qu’à voir les photos de Little Shao sur le Font & Bleau pour s’en rendre compte. Dans ce cas, et c’est le cas des photos de mes confrères présentées dans cet article, la lumière additionnelle est très fortement visible sur l’image. Encore une fois, c’est un choix artistique qui, s’il ne convient pas en photo de mode, est tout à fait respectable en photo de sport. C’est juste que je n’aime pas ce rendu artificiel.

Little Shao a utilisé un puissant flash déporté dont ont voit bien la lumière « contre nature » sous le Toit du Cul de chien. (C) Little Shao

Donc, pour répondre à la question du titre, la photo d’escalade, à mon goût, c’est mieux sans flash !! Il n’est généralement pas besoin de figer totalement le mouvement et avec les sensibilités des boîtiers modernes, on peut facilement monter en ISO sans risque. Mais je peux me tromper… Dites moi si vous aimez ce type d’image. On sait jamais, je pourrait m’y mettre !

vendredi, juillet 08, 2016

[TECHNIQUE] DES TRUCS DE PROS POUR COMPOSER SON IMAGE DE PAYSAGE

Greg CLOUZEAU

Vous partez en vacances et vous allez sans doute rapporter plein d’images. Mais seront-elles « bonnes » aux yeux de vos amis qui les découvrirons dans quelques semaines ? Et d’abord, c’est quoi une bonne photo ? Je dirai qu’une photo doit parler d’elle même, dégager un sentiment, une émotion ou faire passer un message. Une photo n’a pas besoin que vous soyez derrière pour dire.. »et ben là tu vois… » Oui, je vois ! Et c’est même presque « universel » ! Maîtriser techniquement son appareil ne suffit pas, il faut comprendre comment l’inconscient de chacun va interpréter votre photo. Disons qu’il y a deux sortes de photos de voyage : l’anecdotique, celle qui raconte une histoire, et l’esthétique, celle qui n’est là que pour séduire le regard. Voici quelques règles de base de composition à connaître, pour mieux les transgresser ensuite !


En voyage, on peut avoir tendance à tout vouloir photographier (enfin moi c'est certaine !). Hélas, pour celui ou celle qui n’a pas fait la balade avec vous, cette image figée, inodore et sans bruit, ne sera pas forcément interprétée conformément à votre souvenir ! Bref, une image n’est pas une réalité et en composant celle-ci, vous avez fait un choix… dont les conséquences vont orienter votre spectateur vers telle ou telle interprétation… Pourquoi ? Parce que majoritairement, on fonctionne de la même manière !



Tous les individus d’une même culture adoptent plus ou moins le même cheminement visuel dans une affiche, une photo ou une peinture. Ceci explique pourquoi, en respectant certaines règles de composition d’une image, celle-ci va satisfaire un grand nombre d’observateurs. Se servir du mécanisme du regard pour attirer le spectateur vers le sujet principal permet de le conduire vers le message important de votre composition.

Même, si l’œil n’a pas une méthode d’exploration de l’image unique, il est attiré par un certain nombre d’éléments et notamment les points forts d’une image, c’est-à-dire les points de croisement des lignes des tiers. Chez nous le balayage de l’œil se fait donc dans même sens que celui de la lecture, il a donc tendance à démarrer en haut à gauche puis à descendre pour finir en bas à droite. Mais ce regard s’attardera sur les points forts, les zones compliquées à décrypter et aura tendance à s’orienter vers le centre de l’image. En gros, une image se lit en Z.


Plusieurs éléments donc permettent de guider le regard dans une image.



Ainsi, il se dirigera plus facilement vers la forme la plus grande ou la plus proche vers la droite. Ce faisant, il va chercher toute forme humaine qui attire immanquablement notre regard complice comme un véritable aimant ! Il y a donc de très forte chance que ce soit sur cette silhouette qui se porte le regard de votre spectateur même avec un sujet très décentré. Et c’est encore pire, s’il y a un visage ! Voilà qui explique (en partie) pourquoi Aubade n’affiche pas de visage dans ses leçons…
Une fois que l’on a compris le fonctionnement de l’œil et le balayage qu’il exécute sur une image, on peut essayer d’ attirer l’œil vers l’endroit que l’on souhaite mettre en valeur.


Comment composer une « bonne » image ?

Pour cela, il faut, en tenant compte de ce qui précède, contrôler les lignes directrices d’une image c’est à dire la direction des différents éléments qui composent la photo. Suivant leur type et le sens, elles donnent différents caractères à l’image. On parle aussi de rythme. Les lignes droites verticales et horizontales par exemple confèrent à l’image un caractère statique. Des obliques vont apporter du dynamisme, etc.
Attention, les lignes directrices doivent guider l’œil vers le sujet principal et ne pas amener vers des endroits sans sujet ou vers l’extérieur de l’image, sauf si elles s’articulent pour donner un mouvement au regard.
Composer une photo, c’est donc ordonner les différents éléments et les hiérarchiser dans le cadre. Ensuite, il ne reste plus qu’à se servir des lignes de forces et des points forts pour placer les éléments à mettre en évidence aux bons endroits. En paysage, le sujet principal sera peut-être un arbre, une vache, une maison isolée ou un point de fuite vers le lointain pour conduire le spectateur à s’imaginer…
Voici quelques exemples de dynamique d'une image. Notez que sur la première, le pin vient stopper le regard et déséquilibre un peu l’image… Un recadrage plus serré permettra de corriger ça







Tout est une question d’équilibre


La composition d’une photo doit également tenir compte du poids visuel de chaque élément, donc sa forme, sa couleur et son contraste pour équilibrer l’image.
Une grosse masse attire inévitablement l’attention et détourne le regard des masses plus petites. C’est parfois très intéressant pour détourner l’attention et pour évoquer un aspect dramatique comme avec de gros nuages noirs ! On obtient un équilibre de tons ou de teintes quand tous les éléments d’une image, quelque soit leur taille, ont le même impact. Intéressant quand on peut faire une succession de plans dans les mêmes tons comme des montagnes et des nuages…

Sur une image horizontale, un objet placé à gauche accroche immédiatement notre regard. Il est donc dit dominant ! Suivant le message à faire passer, ce placement a une certaine importance. Saviez-vous par exemple qu’un regard tourné vers la droite, c’est un regard tourné vers le futur (et donc que porté vers la gauche, on observe le passé) ?
En message publicitaire, cela change complétement le sens d’une image… C’est pour cela que pour beaucoup de photos, instinctivement, le sujet principal est placé à gauche avec son regard portant vers la droite…

Sur une image verticale, un objet placé en haut aura plus d’impact. Le haut est plus synonyme de spiritualité et le bas de réalité.






Quelques éléments à connaitre

Les lignes :
Une photographie avec des dominantes horizontales sera reposante pour l’œil. C’est pourquoi les paysages marins, les lacs, les horizons… évoquent souvent le calme et la sérénité. A l’inverse, on considère que des dominantes verticales sont fatigantes pour le regard. Elle peuvent évoquer une certaine rigidité, de la froideur… Les courbes apportent de la douceurs et les obliques sont plutôt agréables et brisent la monotonie.


Les formes :
Chaque forme géométrique bien placée a un impact sur le sentiment véhiculé par une image. Pour qu’une forme ressorte, il faut qu’elle se détache du fond de l’image. On jouera donc sur le contraste des lumières, des couleurs…et sur leur emplacement.

Un carré donne une impression de calme et de stabilité mais seul il est assez ennuyeux. Le rectangle horizontal évoque plutôt le repos mais peut, suivant son importance et sa taille, paraître lourd et froid. En revanche, un rectangle vertical est idéal pour exprimer force et puissance. Il peut aussi servir à dramatiser une composition, notamment en street photo.
Un triangle dont le sommet pointe vers le haut inspire l’équilibre surtout s’il est doté d’une base solide. C’est aussi une forme de spiritualité. Du coup, un triangle pointant vers le bas, accélère le mouvement du regard et créé de l’insécurité. Les cercles constituent des zones de douceurs.

Voilà, voilà,
Bonnes photos et bonnes vacances !