dimanche, juillet 26, 2015

[SPOT] C'est quoi ce Quiquillon ?

Greg CLOUZEAU
 
Orpierre est l’un des spots d’escalade les plus importants d’Europe. C’est aussi un village charmant dont le coeur est digne d’un film de capes et d’épées, avec ses ruelles étroits (drailles) et autres vestiges. Il est cerné d’une énorme falaise que domine le rocher du Quiquillon… On prétend que Gargantua l’aurait extrait de sa chaussure et jeté là !

Je crois que c’est le moment de faire le point sur ce personnage. On sait aujourd’hui que Gargantua n’est pas une invention de Rabelais. Bien avant ses ouvrages, des livrets de colportage relataient déjà les aventures d’un célèbre géant. En 1532 est publiée une œuvre anonyme, les Grandes et inestimables croniques du grant et enorme geant Gargantua. Ainsi, derrière le géant truculent et glouton, se cache un fond de légendes populaire dont certaines feraient référence à une très ancienne divinité pré-celtique. Parmi les activités pratiquées par Gargantua, il y en a une qui revient régulièrement : le jeu !


GARGANTUA a été repéré un peu partout sur le territoire français, que ce soit dans la toponymie ou dans les légendes locales, sous son nom propre, ou bien sous un de ses multiples prête-noms qui n’empêchent pas de le reconnaître à son allure et aux exploits qui lui sont attribués. La multitude de ces sites compose un gigantesque puzzle qu’il reste à déchiffrer. Les données ci-dessous proviennent pour la plupart de Gargantua dans les traditions populaires, de P. Sébillot.


Dans les Hautes-Alpes (05), le menhir du Palet de Gargantua, serait le fameux Quiquillon d’Orpierre. Par ailleurs, non loin de là, à Tallard, Gargantua boit la Durance, puis près de Manteyer, Gargantua pisse le torrent du Buëch et abandonne ses boules au bord.


Chez nous, en SEINE-ET-MARNE (77), on trouve dans la toponymie ou les légendes locales plusieurs références à Gargantua. Le père de Pantagruel serait ainsi à l’origine de la butte de Doue mais aussi de Frains (Villecerf) de Nanteuil, en renversant sa hotte ou en jetant volontairement quelques cailloux. Ainsi, si une légende affirme que c’est en voulant boucher l’étang de Moret qu’il renversa malencontreusement le contenu de sa hotte, créant ainsi la butte de Frains à Villecerf, une autre raconte qu’il forma la butte de Trin, entre Paley et Villemaréchal, après avoir creusé le Lunain.


Enfin, c’est afin d’anéantir les Bédoins de Gallimassue qui avaient assiégé Château-Landon que Gargantua se bat à coup de raves, puis envoie de grosses pierres qui vont former les grès de la forêt de Fontainebleau à Larchant !


Bref cette histoire de hotte qui se renverse, revient régulièrement. Ainsi, bon nombre de gros cailloux français auraient été perdu par le facétieux géant (ce sont soit des palets, soit des godiches).

samedi, juillet 25, 2015

L’AMARYLLIS OU SATIRE, UN PAPILLON COMMUN

Greg CLOUZEAU
L‘Amaryllis (Pyronia tithonus) ou Satyre tithon ou Titon est un lépidoptère (papillon) appartenant à la famille des Nymphalidae à la sous-famille des Satyrinae et au genre Pyronia. C’est un papillon très commun en France.

D’une taille moyenne, de couleur orange vif sur le dessus des ailes avec une épaisse bordure brun foncé. A l’apex des antérieures un ocelle doublement pupillé de blanc est facilement observable. Le dimorphisme sexuel est léger mais le mâle a une bande androcomiale, une épaisse tache oblique en travers de l’aile antérieure. Le verso des antérieures est semblable, orange bordé de marron avec l’ocelle doublement pupillé caractéristique à l’apex. Les ailes postérieures sont beige à chamois avec une bande plus claire qui porte des petits ocelles pupillés de blanc peu visibles.
 
Pyronia tithonus, Amarylis, Papillon.
Pyronia tithonus, Amarylis, Papillon.

 

jeudi, juillet 23, 2015

[PROXY] PRUDENCE EN PHOTOGRAPHIANT LES OMBELLIFÈRES !

Greg CLOUZEAU


Téléphores sur Berce commune (Heracleum sphondylium)
Téléphores sur Berce commune (Heracleum sphondylium)
Les Apiacées ou les Ombellifères appartiennent au genre Heracleum qui compte une soixantaine d’espèces largement répandues dans l’hémisphère nord et les montagnes tropicales et dont huit sont présentes en Europe. Très communes ces grands plateaux de fleurs blanches attirent de nombreux insectes. Mais soyez prudents et apprenez à différencier les espèces car si certaines sont comestibles comme la carotte sauvage ou le céleri, d’autres sont au contraire, ultra toxiques comme la Cigüe ou la Berce du Caucase qui provoquent des brûlures au soleil.

La berce commune (Heracleum sphondylium) avec ses sous-espèces alpinum, pyrenaicum ou sibiricum ne présente pas de danger. C’est une plante bisannuelle ou vivace, grande (jusqu’à 2,50 m) à feuilles pennées, les segments dentés, et des feuilles supérieures à base très élargie. Les fleurs sont blanches en grandes ombelles, avec les fleurs extérieures présentant des pétales très inégaux. On la rencontre dans les bois clairs, les prés rocailleux jusqu’à 1 700 m. Suivant l’altitude la floraison a lieu d’avril à septembre. Elle n’a d’intérêt que pour les insectes et ses graines parfois utilisées en bouquets séchés. D’ailleurs, les graines sont aussi un bon critère de différenciation des différentes espèces d’ombellifères.


La berce du Caucase est une espèce voisine mais qui peut atteindre 5 m de haut, aux tiges tachées de rouge originaire comme son nom l’indique d’Asie, introduite dans les jardins et qui s’est naturalisée en Europe. On la rencontre dans les prés, les terrains vagues, sur les talus des routes, et le long des bords des ruisseaux. Malgré ses qualités mellifères la berce du Caucase est considérée comme une plante envahissante et indésirable.



Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium)
Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium)


La berce du Caucase est une plante toxique, en combinaison avec l’exposition au soleil et peut provoquer des brûlures douloureuses et des cloques, laissant parfois des cicatrices permanentes.La sève de la berce du Caucase est un liquide aqueux fluide, incolore et indolore au moment du contact. Les personnes les plus exposées sont les jardiniers et les enfants tentés d’utiliser les grandes tiges creuses comme sarbacane.

La Ciguë tachetée ou Grande Ciguë (Conium maculatum L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées. Très toxique, elle était à la base du poison officiel des Athéniens. Pour ne pas se tromper, retenez que les ciguës sont glabres, c’est à dire que les tiges sont lisses et sans poil (alors que la carotte sauvage est, elle, couverte de poils raides. La petite ciguë pousse dans les lieux cultivés et dans les bois, et la ciguë vireuse pousse dans les lieux humides, voire franchement les pieds dans l’eau.


En cas de doute ou pour une identification rapide de plantes communes, rendez visite à ce site de P. GOUJON.

lundi, juillet 20, 2015

C'est quoi ces montagnes noires dans les paysages du Sud ?

Greg CLOUZEAU
Marne ou terres noires, Orpierre.
Marne ou terres noires, Orpierre.
Ces montagnes noires typiques des paysages du sud de la France ne sont pas des terrils mais des marnes !


Au TRIAS, début du SECONDAIRE, (de – 235 à – 65 millions d’années) la mer envahit progressivement la Drôme et l’est de l’Ardèche. Au Jurassique supérieur, à l’emplacement des Alpes s’étale un océan. Une fosse profonde de 4000 mètres occupe le Diois et les Baronnies (fosse vocontienne). De grandes épaisseurs de sédiments fossilifères se déposent et donneront les marnes que l’on appelle aussi « Terres Noires » . Au Crétacé, Diois et Baronnies sont sous 3000 mètres d’eau. Des marnes et calcaires gris bleus se déposent en bancs réguliers. Au Crétacé supérieur, la Provence et le Massif Central sont déformés et soulevés par de colossales poussées venues du sud. La plaque portant l’Espagne entre en collision avec celle portant la France , formant les Pyrénées. Les fonds marins émergent en Provence, la plate-forme sud ardéchoise sort des eaux. La fin du Crétacé voit le soulèvement puis le plissement de la fosse vocontienne par suite du rapprochement des plaques africaine et européenne. Les empilements de roches sédimentaires qui se sont déposées pendant des millions d’années se transforment en plis est-ouest du Diois et des Baronnies, les Alpes s’élèvent, des zones s’effondrent à la suite de failles. A la fin du Secondaire, la Drôme et l’Ardèche sèchent au soleil.

Aujourd’hui, rongées par l’érosion, sculptées par les vents, ces marnes ponctuent le paysage…

lundi, juillet 06, 2015

Une grenouille rousse dans les étoiles

Greg CLOUZEAU
La grenouille rousse (Rana temporaria), (C) 2014 Greg Clouzeau
La grenouille rousse (Rana temporaria), (C) 2014 Greg Clouzeau
La grenouille rousse (Rana temporaria) est l’un des amphibiens qui atteint les altitudes les plus hautes (2800 m dans les Alpes), mais on la rencontre jusqu’au niveau de la mer. Il s’agit de la grenouille la plus répandue en Europe, avec une distribution qui couvre l’ensemble de l’Europe hormis les régions les plus méridionales, jusqu’en Sibérie.

vendredi, juillet 03, 2015

[SPOT] LA MEIJE, MONTAGNE du PAYS DE LA GRAVE

Greg CLOUZEAU
Histoire de se rafraîchir un peu en cette période caniculaire, un petit tour en montagne serait le bien venu… et quitte à y aller, pourquoi pas rendre visite à la Reine des Meije

La Meije est une montagne emblématique du massif des Écrins, second sommet après le célèbre Dôme et sa barre. Ses trois plus hauts pics sont le Grand Pic de la Meije à 3983 mètres d’altitude, le Doigts de Dieu à 3973 mètres d’altitude et la Meije orientale à 3891 mètres d’altitude. Elle et son pic de la Grave ont donné leurs noms à la commune de La Grave- La Meije.

Les gravarois nommaient la montagne l’Oeille de la meidjour ce qui signifie l’aiguille du midi. Cela vient du fait qu’à midi tapante le soleil passe juste au dessus du sommet de la montagne. Néanmoins il est fait mention de la montagne dans un texte de 1712 sous le nom de Pointe Malaval. Aujourd’hui encore il reste des traces de ce nom avec celui donné au contrebas de la vallée de la Romanche: la Combe de Malaval.

La Meije possède de nombreux sommets qui sont tous difficiles d’accés. Ce fût la dernière montagne à être exploré dans les Alpes. L’exploit fût réalisé par un français (chose assez rare pour être précisée). Le 16 août 1877 Emmanuel Boileau de Castelnau, Pierre Gaspard et Pierre Gaspard fils firent la première ascenssion du Grand Pic.

Bien entendu, ses glaciers sont eux aussi en recule… Dans quelques jours, elle passera certainement à la télé lors des étapes de montagne du tour de France…