mardi, novembre 17, 2015

C'est quoi un Cairn ?

Greg CLOUZEAU
Vous avez forcément rencontré un jour ou l’autre un petit tas de pierre en forme de pyramide à l’équilibre plus ou moins fragile. On appelle ça un cairn ! Un cairn est  donc un amas artificiel de pierres placé pour marquer un lieu particulier. et il est très mal vu de les détruire ! Bien au contraire, il est fortement recommandé de l’entretenir en y ajoutant sa propre pierre…
Le mot cairn vient sans doute du pré-celtique et celtique karn et/ou kar désignant « pierre, rocher ». 

En breton, il y a le mot karn que l’on retrouve dans la toponymie comme dans l’île Carn, Pors Carn, Carnac, Carnoët…
Celui-ci a par exemple été photographié sur l'Ile de Bréhat où ils sont très nombreux.


Les cairns remplissent plusieurs fonctions comme :
- baliser un sentier peu évident ;
- repérer un point particulier comme le sommet d’une montagne ou un col,
- signaler un passage dangereux (notamment en bord de rivière où se trouvent des siphons)
- marquer un site funéraire ou célébrer les morts ;
- servir de support à des pratiques religieuses telles que des drapeaux de prières en Himalaya et au Tibet.


Leur construction peut varier simples amas branlants à de savantes prouesses comme au col du Carro en France. Je prends un malin plaisir à m’essayer dans ces équilibres précaires mais sans atteindre la maîtrise de certains artistes comme Michael Grab passé maître dans l’art de faire tenir des pierres de toute taille en équilibre. Pas de colle, rien que des pierres superposées avec beaucoup, beaucoup de patience (voir ici) !

En attendant, j'aime beaucoup leur symbolique et possède de très nombreuses images de cairn pour une décoration rocailleuse et équilibrée.


Cairn équilibriste sur la falaise de Cormot (Bourgogne)
Cairn équilibriste sur la falaise de Cormot (Bourgogne)
Cairn dans la descente du Grand Morgon, Hautes Alpes, France
Cairn dans la descente du Grand Morgon, Hautes Alpes, France

lundi, novembre 16, 2015

[Humeur] FLUCTUAT NEC MERGITUR

Greg CLOUZEAU
« Fluctuat nec mergitur. »


La devise de la ville de Paris est devenue spontanément un des slogans de résistance au terrorisme dans les rues de la capitale et sur les réseaux sociaux après la vague d’attentats du 13 novembre.


En effet, cette devise en latin, qui signifie « il est battu par les flots mais ne sombre pas », a été peinte samedi après-midi en grand sur la place de la République par un collectif d’artistes comme le signalait le journal le Monde.



dimanche, juillet 26, 2015

[SPOT] C'est quoi ce Quiquillon ?

Greg CLOUZEAU
 
Orpierre est l’un des spots d’escalade les plus importants d’Europe. C’est aussi un village charmant dont le coeur est digne d’un film de capes et d’épées, avec ses ruelles étroits (drailles) et autres vestiges. Il est cerné d’une énorme falaise que domine le rocher du Quiquillon… On prétend que Gargantua l’aurait extrait de sa chaussure et jeté là !

Je crois que c’est le moment de faire le point sur ce personnage. On sait aujourd’hui que Gargantua n’est pas une invention de Rabelais. Bien avant ses ouvrages, des livrets de colportage relataient déjà les aventures d’un célèbre géant. En 1532 est publiée une œuvre anonyme, les Grandes et inestimables croniques du grant et enorme geant Gargantua. Ainsi, derrière le géant truculent et glouton, se cache un fond de légendes populaire dont certaines feraient référence à une très ancienne divinité pré-celtique. Parmi les activités pratiquées par Gargantua, il y en a une qui revient régulièrement : le jeu !


GARGANTUA a été repéré un peu partout sur le territoire français, que ce soit dans la toponymie ou dans les légendes locales, sous son nom propre, ou bien sous un de ses multiples prête-noms qui n’empêchent pas de le reconnaître à son allure et aux exploits qui lui sont attribués. La multitude de ces sites compose un gigantesque puzzle qu’il reste à déchiffrer. Les données ci-dessous proviennent pour la plupart de Gargantua dans les traditions populaires, de P. Sébillot.


Dans les Hautes-Alpes (05), le menhir du Palet de Gargantua, serait le fameux Quiquillon d’Orpierre. Par ailleurs, non loin de là, à Tallard, Gargantua boit la Durance, puis près de Manteyer, Gargantua pisse le torrent du Buëch et abandonne ses boules au bord.


Chez nous, en SEINE-ET-MARNE (77), on trouve dans la toponymie ou les légendes locales plusieurs références à Gargantua. Le père de Pantagruel serait ainsi à l’origine de la butte de Doue mais aussi de Frains (Villecerf) de Nanteuil, en renversant sa hotte ou en jetant volontairement quelques cailloux. Ainsi, si une légende affirme que c’est en voulant boucher l’étang de Moret qu’il renversa malencontreusement le contenu de sa hotte, créant ainsi la butte de Frains à Villecerf, une autre raconte qu’il forma la butte de Trin, entre Paley et Villemaréchal, après avoir creusé le Lunain.


Enfin, c’est afin d’anéantir les Bédoins de Gallimassue qui avaient assiégé Château-Landon que Gargantua se bat à coup de raves, puis envoie de grosses pierres qui vont former les grès de la forêt de Fontainebleau à Larchant !


Bref cette histoire de hotte qui se renverse, revient régulièrement. Ainsi, bon nombre de gros cailloux français auraient été perdu par le facétieux géant (ce sont soit des palets, soit des godiches).

samedi, juillet 25, 2015

L’AMARYLLIS OU SATIRE, UN PAPILLON COMMUN

Greg CLOUZEAU
L‘Amaryllis (Pyronia tithonus) ou Satyre tithon ou Titon est un lépidoptère (papillon) appartenant à la famille des Nymphalidae à la sous-famille des Satyrinae et au genre Pyronia. C’est un papillon très commun en France.

D’une taille moyenne, de couleur orange vif sur le dessus des ailes avec une épaisse bordure brun foncé. A l’apex des antérieures un ocelle doublement pupillé de blanc est facilement observable. Le dimorphisme sexuel est léger mais le mâle a une bande androcomiale, une épaisse tache oblique en travers de l’aile antérieure. Le verso des antérieures est semblable, orange bordé de marron avec l’ocelle doublement pupillé caractéristique à l’apex. Les ailes postérieures sont beige à chamois avec une bande plus claire qui porte des petits ocelles pupillés de blanc peu visibles.
 
Pyronia tithonus, Amarylis, Papillon.
Pyronia tithonus, Amarylis, Papillon.

 

jeudi, juillet 23, 2015

[PROXY] PRUDENCE EN PHOTOGRAPHIANT LES OMBELLIFÈRES !

Greg CLOUZEAU


Téléphores sur Berce commune (Heracleum sphondylium)
Téléphores sur Berce commune (Heracleum sphondylium)
Les Apiacées ou les Ombellifères appartiennent au genre Heracleum qui compte une soixantaine d’espèces largement répandues dans l’hémisphère nord et les montagnes tropicales et dont huit sont présentes en Europe. Très communes ces grands plateaux de fleurs blanches attirent de nombreux insectes. Mais soyez prudents et apprenez à différencier les espèces car si certaines sont comestibles comme la carotte sauvage ou le céleri, d’autres sont au contraire, ultra toxiques comme la Cigüe ou la Berce du Caucase qui provoquent des brûlures au soleil.

La berce commune (Heracleum sphondylium) avec ses sous-espèces alpinum, pyrenaicum ou sibiricum ne présente pas de danger. C’est une plante bisannuelle ou vivace, grande (jusqu’à 2,50 m) à feuilles pennées, les segments dentés, et des feuilles supérieures à base très élargie. Les fleurs sont blanches en grandes ombelles, avec les fleurs extérieures présentant des pétales très inégaux. On la rencontre dans les bois clairs, les prés rocailleux jusqu’à 1 700 m. Suivant l’altitude la floraison a lieu d’avril à septembre. Elle n’a d’intérêt que pour les insectes et ses graines parfois utilisées en bouquets séchés. D’ailleurs, les graines sont aussi un bon critère de différenciation des différentes espèces d’ombellifères.


La berce du Caucase est une espèce voisine mais qui peut atteindre 5 m de haut, aux tiges tachées de rouge originaire comme son nom l’indique d’Asie, introduite dans les jardins et qui s’est naturalisée en Europe. On la rencontre dans les prés, les terrains vagues, sur les talus des routes, et le long des bords des ruisseaux. Malgré ses qualités mellifères la berce du Caucase est considérée comme une plante envahissante et indésirable.



Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium)
Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium)


La berce du Caucase est une plante toxique, en combinaison avec l’exposition au soleil et peut provoquer des brûlures douloureuses et des cloques, laissant parfois des cicatrices permanentes.La sève de la berce du Caucase est un liquide aqueux fluide, incolore et indolore au moment du contact. Les personnes les plus exposées sont les jardiniers et les enfants tentés d’utiliser les grandes tiges creuses comme sarbacane.

La Ciguë tachetée ou Grande Ciguë (Conium maculatum L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées. Très toxique, elle était à la base du poison officiel des Athéniens. Pour ne pas se tromper, retenez que les ciguës sont glabres, c’est à dire que les tiges sont lisses et sans poil (alors que la carotte sauvage est, elle, couverte de poils raides. La petite ciguë pousse dans les lieux cultivés et dans les bois, et la ciguë vireuse pousse dans les lieux humides, voire franchement les pieds dans l’eau.


En cas de doute ou pour une identification rapide de plantes communes, rendez visite à ce site de P. GOUJON.

lundi, juillet 20, 2015

C'est quoi ces montagnes noires dans les paysages du Sud ?

Greg CLOUZEAU
Marne ou terres noires, Orpierre.
Marne ou terres noires, Orpierre.
Ces montagnes noires typiques des paysages du sud de la France ne sont pas des terrils mais des marnes !


Au TRIAS, début du SECONDAIRE, (de – 235 à – 65 millions d’années) la mer envahit progressivement la Drôme et l’est de l’Ardèche. Au Jurassique supérieur, à l’emplacement des Alpes s’étale un océan. Une fosse profonde de 4000 mètres occupe le Diois et les Baronnies (fosse vocontienne). De grandes épaisseurs de sédiments fossilifères se déposent et donneront les marnes que l’on appelle aussi « Terres Noires » . Au Crétacé, Diois et Baronnies sont sous 3000 mètres d’eau. Des marnes et calcaires gris bleus se déposent en bancs réguliers. Au Crétacé supérieur, la Provence et le Massif Central sont déformés et soulevés par de colossales poussées venues du sud. La plaque portant l’Espagne entre en collision avec celle portant la France , formant les Pyrénées. Les fonds marins émergent en Provence, la plate-forme sud ardéchoise sort des eaux. La fin du Crétacé voit le soulèvement puis le plissement de la fosse vocontienne par suite du rapprochement des plaques africaine et européenne. Les empilements de roches sédimentaires qui se sont déposées pendant des millions d’années se transforment en plis est-ouest du Diois et des Baronnies, les Alpes s’élèvent, des zones s’effondrent à la suite de failles. A la fin du Secondaire, la Drôme et l’Ardèche sèchent au soleil.

Aujourd’hui, rongées par l’érosion, sculptées par les vents, ces marnes ponctuent le paysage…

lundi, juillet 06, 2015

Une grenouille rousse dans les étoiles

Greg CLOUZEAU
La grenouille rousse (Rana temporaria), (C) 2014 Greg Clouzeau
La grenouille rousse (Rana temporaria), (C) 2014 Greg Clouzeau
La grenouille rousse (Rana temporaria) est l’un des amphibiens qui atteint les altitudes les plus hautes (2800 m dans les Alpes), mais on la rencontre jusqu’au niveau de la mer. Il s’agit de la grenouille la plus répandue en Europe, avec une distribution qui couvre l’ensemble de l’Europe hormis les régions les plus méridionales, jusqu’en Sibérie.

vendredi, juillet 03, 2015

[SPOT] LA MEIJE, MONTAGNE du PAYS DE LA GRAVE

Greg CLOUZEAU
Histoire de se rafraîchir un peu en cette période caniculaire, un petit tour en montagne serait le bien venu… et quitte à y aller, pourquoi pas rendre visite à la Reine des Meije

La Meije est une montagne emblématique du massif des Écrins, second sommet après le célèbre Dôme et sa barre. Ses trois plus hauts pics sont le Grand Pic de la Meije à 3983 mètres d’altitude, le Doigts de Dieu à 3973 mètres d’altitude et la Meije orientale à 3891 mètres d’altitude. Elle et son pic de la Grave ont donné leurs noms à la commune de La Grave- La Meije.

Les gravarois nommaient la montagne l’Oeille de la meidjour ce qui signifie l’aiguille du midi. Cela vient du fait qu’à midi tapante le soleil passe juste au dessus du sommet de la montagne. Néanmoins il est fait mention de la montagne dans un texte de 1712 sous le nom de Pointe Malaval. Aujourd’hui encore il reste des traces de ce nom avec celui donné au contrebas de la vallée de la Romanche: la Combe de Malaval.

La Meije possède de nombreux sommets qui sont tous difficiles d’accés. Ce fût la dernière montagne à être exploré dans les Alpes. L’exploit fût réalisé par un français (chose assez rare pour être précisée). Le 16 août 1877 Emmanuel Boileau de Castelnau, Pierre Gaspard et Pierre Gaspard fils firent la première ascenssion du Grand Pic.

Bien entendu, ses glaciers sont eux aussi en recule… Dans quelques jours, elle passera certainement à la télé lors des étapes de montagne du tour de France…

mardi, juin 30, 2015

[SPOT] Trip nature au Bout du Monde...en Bourgone

Greg CLOUZEAU
Cirque du Bout du Monde, Vauchignon, Bourgogne,
Voilà un de mes spots favoris pour les activités de pleine nature et la photographie . Un Bout du Monde à moins de 3 heures de Paris. Et qu'y-a-t-il au bout du monde ? Pardonnez moi de vous le dire mais il y a Le Cul de Menevault ! Eh oui, et cela se trouve en Bourgogne non loin de Nolay sur le territoire de la commune de Vauchignon (21 340) que les grimpeurs affectionnent tout particulièrement, tant pour son vin (celui du domaine, et cela ne s'invente pas, de Monsieur et Madame Boisson) que pour ses falaises. 
Bref, mais ce n'est pas de cela que je vais vous parler ici mais du site naturel formé par le Cirque du Bout du Monde, au lieu-dit Le Cul de Menevault (46° 59' 9.15" N 4° 39' 9.76" E). Ce cirque est délimité par une barre calcaire d'époque Jurassique d'où se jette une cascade d'une vingtaine de mètres de haut et au débit très variable qui alimentent la Causanne dont je reparlerai. 
Ce cirque est protégé à divers titres que je vous invite à découvrir...

Cirque du Bout du Monde, Vauchignon, Bourgogne,
Le site Natura 2000 de «Pelouses et forêts calcicoles de la Côte et Arrière Côte de Beaune » constitue un vaste ensemble de plateaux calcaires, dont l’altitude varie entre 200 et 650 mètres. Caractérisé par de grands massifs forestiers entrecoupés de pelouses calcaires et dominants des milieux prairiaux de fond de vallée, il présente des habitats naturels très diversifiés, favorables à certaines espèces végétales rares en Bourgogne et à l’alimentation et la reproduction de nombreuses espèces d’oiseaux nicheuses, migratrices ou hivernantes. Ces sites sont donc inscrit en ZNIEFF 1 et 2.
[caption id="" align="aligncenter" width="800"] La reculée du Cirque du Bout du Monde, Vauchignon, Bourgogne, (C) 2013 Greg Clouzeau[/caption]
Cirque du Bout du Monde, Vauchignon, Bourgogne,
Les falaises calcaires constituent un élément fort et original du site. Discontinu et souvent de faible étendue, cet habitat est essentiellement localisé à Cormot-Vauchignon et sur les bords de la dépression de Saint-Romain, et secondairement en contrebas de la Montagne des Trois Croix et du Mont de Rome-Château. Il abrite des plantes adaptées à des conditions écologiques extrêmes et, de ce fait, très rares en Bourgogne comme le Daphné des Alpes. C'est aussi le lieu de nidification du Faucon pèlerin et du Grand Duc (reculée de Vauchignon).
Les landes et pelouses sont des milieux instables qui évoluent vers le fourré ou le boisement à l'échelle de 30-40 ans. Le maintien du pâturage a permis la conservation de ces pelouses. L'abandon de cette pratique sur certaines d'entre-elles pose un problème pour leur avenir et induit un appauvrissement en espèces (certaines sont embuissonnées à plus de 50%). Le piétinement des pelouses au sommet des buttes lié à la fréquentation humaine et à la pratique du 4x4 et de la moto verte (Montagne des Trois Croix par exemple) engendre une altération des milieux. De même, la surfréquentation pédestre et l'escalade peuvent entraîner la disparition des plantes en bordure et sur les falaises.

Cascade du Bout du Monde,
Vauchignon, Bourgogne,
Hier, je vous invitais à découvrir le Cirque du Bout du Monde et la Cascade du Cul de Menevault ! Cette formidable cascade d'une vingtaine de mètres est alimentée par les eaux de pluie tombées sur les plateaux avoisinants recouverts d'une couche d'argile (donc imperméable).Il faut venir ici après de fortes pluies pour prendre conscience de son débit passé car au cœur de l'été, elle se résume parfois à un simple goutte à goutte. La voûte est superbe et un sentier permet d'en faire le tour tout en étant abrité (attention, le sol est glissant et se mettre sous la cascade constitue une véritable imprudence !)
En montant vers celle-ci, vous ne remarquerez peut être pas les quelques rochers éclatés à sa base. Et pourtant, ils méritent une attention toute particulière. En effet, il faut s'en approcher pour observer attentivement leur structure étrange. Il s'agit de tuf calcaire aussi appelé Travetin dont nous allons parler ici (voir aussi les liens en bas d'article).
On ne remarque pas tout de suite cette formation parfois recouverte de mousse et fougères et souvent altérée mais en observant plusieurs rochers sous des angles différents... Les tufs se forment par dépôts successifs de calcaire sur les végétaux, comme par exemple les mousses, feuilles et autres débris végétaux. Il en existe plusieurs variétés et leur formation est lié à diverses conditions. Les turbulences favorisent ces dépôts de carbonates.
ou encore
En observant un peu les lieux et l'aspect de ces rochers, il apparaît nettement que ces dépôts ont été bouleversés. En effet, une cascade produit des dépôts qui s'accumulent à son pied en couches successives et non fracturées comme ici.
Tuf du bout du monde, Vauchignon, Bourgogne,
Tuf du bout du monde, Vauchignon, Bourgogne,

On peut émettre certaines hypothèses.
L'importante couche de tuf recouverte de mousse ne répond à aucune logique quand à sa formation géologique. En effet, normalement, c'est plutôt l'inverse que l'on devrait observer. Avec le temps, ces dépôts deviennent si importants qu'ils gagnent peu à peu le haut de la chute d'eau. L'ensemble forme alors une sorte de cône. Or ici, il ne reste que la partie haute du cône !
Donc, il est possible que le cône devenu trop lourd a été entraîné par son poids et se soit brisé et ce sont ces morceaux qui forment les rochers observés plus avant. Comme ceux-ci, même empilés semblent avoir un volume plus faible que celui nécessaire à la reconstitution du cône, on peut aussi penser que le cône a été exploité par l'homme pour des constructions.
En effet, le tuf est utilisé pour la construction sous la dénomination de travertin car cette roche tendre est assez légère et facile à tailler. Toutefois, je n'en ai pas trouvé de trace dans les habitations du village y compris les plus vieilles (début XVIIe)...
Tuf du bout du monde, Vauchignon, Bourgogne,
Tuf du bout du monde, Vauchignon, Bourgogne,

Voilà, j'arrête là pour la cascade !
Sur Panoramio, vous pourrez trouver d'autres photos dont celle-ci de la Cascade gelée qui pourrait faire une drôle d'hivernale !
Par ailleurs, si la géologie vous passionne, voici quelques liens :

SOURCES PÉTRIFIANTES ET FORMATION DE TUF



Renseignement site Natura 2000





lundi, mai 25, 2015

[EXPO] ENTRAIN QUOTIDIEN… AVEC MA CONSOEUR LUCIE PAGE

Greg CLOUZEAU

Celles et ceux qui suivent ma page facebook photo savent que j’aime y partager des clichés pris au quotidien avec mon smartphone dans une série initialement baptisée MBD pour Métro, Boulot, Dodo. Mes formats carrés (du fait de Smartphone Blackberry) ne sont pas les seuls du genre et si vous passez par la ville de Melun (77), je vous invite à découvrir une sélection de ceux pris par ma consœur Lucie Page, durant deux ans lors de ses trajets quotidiens. Des carrés hauts en couleur et pleins de vie qu’elle partageait sur Instagram !

Des images qui racontent ces petites histoires de notre quotidien de voyageurs, ces instants que la plupart des gens ne prennent plus le temps de regarder alors qu’il s’y cachent quelques merveilles.
Elle en a assemblé quelques 150 en duo et triptyque que vous pouvez voir et acheter à la galerie Grenadine jusqu’au 20 juin 2015.

Entrain quotidien… avec Lucie au vernissage Galerie Grenadine
Entrain quotidien… avec Lucie au vernissage Galerie Grenadine





 

vendredi, mai 15, 2015

[NATURE] Cirrus iridescent ou les 7 couleurs de l'arc en ciel

Greg CLOUZEAU
Tous le monde connait les 7 couleurs de l'arc en ciel. Enfin, presque ! D'abord parce que 7 couleurs c'est discutable, ensuite par ce qu'il n'est pas toujours facile de se rappeler dans quel ordre les énumérer. Si en plus, c'est dans un simple nuage qu'elles apparaissent ou dans un deuxième arc, vous aurez de quoi vous y perdre. Oui, j'ai bien écrit nuage. L’irisation des couleurs ne se forme que dans certains types de nuages : les cirrus, altostratus et altocumulus mais c'est sans doute moins rare qu'on ne le pense car j'ai pu observer ce photométéore à plus de 5 reprises ces 10 dernières années en Seine et Marne !!!

Le phénomène d’irisation atmosphérique est assez rare d'après les experts (je dois être chanceux). Dans les nuages de moyenne altitude, il se traduit par une magnifique coloration de toutes les radiations lumineuses du spectre solaire, c’est-à-dire les couleurs de l’arc-en-ciel.  En fait, si le phénomène n'est pas si rare en Ile-de-France, c'est parce qu'il est également possible de l’observer dans les trainées de condensation d’un avion et le trafic est chez nous très intense ! Bon si vous n'avez pas d'avion, il est également possible d'observer ces couleurs au travers des goutes de rosé ou directement dans les fils d'une toile d'araignée par exemple.



Un nuage iridescent ou irisé est donc un nuage peu épais dont l'écartement des gouttes ou de glace provoque une décomposition de la lumière blanche en lui donnant un aspect coloré. Plus les gouttelettes sont nombreuses et de tailles identiques, plus les couleurs seront éclatantes et marquées. Les nuages iridescents peuvent aussi bien apparaître de jour comme de nuit. La luminosité plus faible de la lune permet même d’obtenir des couleurs plus distinctes à l’œil nu. Les nuages iridescents se forment jusqu’à 30 degrés du soleil ou de la lune.

L’iridescence (aussi connu sous le nom de goniochromisme) est, selon Wikipédia, "la propriété de certaines surfaces qui semblent changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination. Des exemples d'iridescence comprennent notamment : les bulles de savon, les ailes de certains papillons, certains coquillages et certains minéraux. L'iridescence est souvent créée par une coloration structurelle de microstructures qui interfèrent avec la lumière. Les couleurs irisées que l'on observe lorsqu'un mince film d'huile est déposé sur de l'eau sont un exemple typique d'iridescence." 



Les météorologues appellent photométéore un phénomène optique résultant de la réflexion, de la réfraction, de la diffraction ou de l'interférence de la lumière solaire ou lunaire. En effet, la loi régissant ce principe optique d'une iridescence n’est pas la même que celle de l’arc-en-ciel. En effet, les nuages iridescents sont causés par le phénomène de diffraction alors que les arc en ciel sont causé par la réfraction de la lumière ! La lumière blanche étant polychromatique, elle est alors diffractée ou réfractée en plusieurs couleurs.



Un arc-en-ciel est donc un phénomène optique qui rend visible le spectre de la lumière du Soleil quand il brille pendant une pluie. On dit qu'il a 7 couleurs et on énonce ensuite ce champ chromatique dans l'ordre. Rouge, Orange, Jaune, Vert, Bleu, Indigo et Violet. Oui mais non ! D'abord seul six de ces couleurs correspondent à un champ chromatique bien défini ! Ensuite, l'ordre de ces couleurs est apprécié différemment !





Pourquoi 7 et pas 6 couleurs dans un arc en ciel ?!

Il y a d'abord trois couleurs dite "primaires" (rouge, bleu jaune) et les trois couleurs composées ou complémentaires (vert, orange, violet) qui résultent de l'association par paire des primaires : vert (bleu + jaune), orange (rouge + jaune) et violet (rouge + bleu). Aucune raison valable ne permet d'ajouter une couleur intermédiaire entre le violet et le bleu ! D'ailleurs, Indigo, c'est bien une sorte de bleu non ? Dans ce cas, pourquoi ne pas reconnaître et énumérer dans un arc en ciel, les transitions de couleurs comme le cyan entre le bleu et le vert ou le jaune citron entre  le vert et le jaune  par exemple… pour obtenir, finalement, onze couleurs au lieu de sept. Mais alors d'où provient l'introduction de cette septième couleur ? En fait c'est la faute à Newton ! Le gars à la pomme qui lui tombe sur le crâne… Il semblerait que Newton ait voulu établir une correspondance entre les sept planètes connues alors et les couleurs du spectre de la lumière visible. Tout comme l'attraction “universelle” découlait des masses des différentes planètes, le spectre des couleurs résulterait de corpuscules de masses distinctes. On parle aussi de cohérence avec les 7 notes de musique. Bref, 7, c'est le chiffre sacré alors…



Et dans quel ordre

Un arc-en-ciel n'a pas d'existence matérielle (bah oui !). C'est un effet optique dont la position apparente dépend de celles de l'observateur et du Soleil. Le centre de l'arc-en-ciel se trouve dans la direction exactement opposée à celle du Soleil par rapport à l'observateur. Toutes les gouttes de pluie réfractent et reflètent la lumière du soleil de la même manière, mais l'observateur ne voit la lumière que d'une petite partie de ces gouttes de pluie. Et encore, il faut que l'angle de la lumière du soleil soit à un angle précis...

Il suffirait ensuite de prendre l'initiale de chacune des couleurs pour retenir VIBVeJOR  en prennant soin de mettre un e au deuxième V pour distinguer le Vert du Violet. Il suffit en effet de prendre ensuite l'initiale de chacun de ses mots pour en déduire le nom des couleurs : V comme violet, I comme Indigo, B comme Bleu, V comme Vert, J comme Jaune, O comme Orangé, R comme Rouge.
Autre moyen, retenez cette phrase ridicule : "Vous inventez bien, vous, jeune oisif ridicule".

Ok mais n'avez-vous jamais vu, un second arc-en-ciel moins lumineux au-dessus de l'arc primaire. Il est provoqué par une double réflexion de la lumière du soleil à l'intérieur des gouttes de pluie et apparaît sous un angle de 50-53° dans la direction opposée au Soleil. Et bien regardez bien l'ordre de ces couleurs ! Eh oui, c'est tout à l'envers en raison de la réflexion supplémentaire ! Le bleu à l'extérieur et le rouge à l'intérieur !  



Pire ! dans la direction opposée au soleil, un autre arc-en-ciel, parfois désigné comme « arc de cinquième ordre » peut être présent au voisinage de l'arc secondaire, et encore inversé par rapport à celui-ci  et donc identique à l'arc primaire. Bon alors là, faite une photographie ! Il est cependant nettement moins lumineux et n'est observable que dans des conditions exceptionnelles.

vendredi, mars 20, 2015

[NATURE] POUR LE PRINTEMPS C'EST LE CHOIX DANS LA DATE

Greg CLOUZEAU
C’est le Printemps ! Enfin, il paraît…


Si on dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, la date non plus ! Au-delà de la mauvaise contrepèterie, le Printemps ne tombe plus le 21 mars !


Durant une grande partie du XXe siècle, le printemps débutait le 21 mars. Mais voilà, depuis quelques années, il faut s’habituer à la date du 20 mars. « Habituer », c’est le mot car cette date marquera l’arrivée de la saison jusqu’en 2044. Pour revoir les beaux jours au 21 mars, il faudra attendre l’année 2 102 ! Entre temps, la belle saison sera célébrée le 19 mars, ce qui n’est pas arrivé depuis 1796… paraît que c’est une histoire d’équinoxe.


L’équinoxe correspond à la date à laquelle le jour et la nuit ont exactement la même durée et donc que le soleil se trouve exactement à la verticale de l’équateur. Ce moment se produit deux fois par an autour du 22 septembre, pour le début de l’automne, et vers le 21 mars, pour le printemps.


En attendant, les jonquilles, les vraies, sont déjà sorties…





La jonquille véritable (Narcissus jonquilla) est souvent confondu avec le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), appellation erronée qui s’est répandue grâce à l’essor du tourisme et du journalisme au XIXe est peu appropriée. Dans le Pays de Fontainebleau, c’est dans le village de Recloses que l’on fête la jonquille à la fin Mars.