jeudi, septembre 05, 2013

[NATURE] C'est quoi une Odonate ?

Greg CLOUZEAU
Au cours d'une balade sur les berges du Loing, aux plus fortes chaleurs de l'été 2013, photographiant quelques "libellules" bleues, je tombe sur ce spécimen d'Odonate (voir Wikipédia) qui semble bien plus coopératif. Son immobilité m'intrigue. Morte ?

Et bien non, tout juste née cette libellule qui se sèche les ailles au soleil après sa mue visible quelques centimètres en dessous... !


Libellule après sa mue, Loing, (C) Greg CLOUZEAU 2013
Libellule après sa mue, Loing, (C) Greg CLOUZEAU 2013

Si mes sorties natures sont souvent l’occasion de photographier de petites bébêtes pour le plaisir des yeux, je n’aime pas rester sans savoir leur petit nom et franchement, dans le monde des insectes, c’est parfois complexe… J’utilise le tag  « insectes » au sens « populaire », mais même sans être puriste, je ne peux pas l’utiliser  pour présenter les papillons, araignées, et autres scarabées sans plus de précision.
Les arthropodes (du grec arthron, «articulation» et podos, «pied») constituent l’embranchement le plus important du règne animal. On en connaît environ 875 000 espèces que l’on trouve dans tous les milieux, aussi bien sur terre que dans les eaux douces ou salées. Cet embranchement comporte les insectes mais aussi les crustacés, les myriapodes et les araignées.  J’ai toutefois préféré faciliter les choses et présenter ces petites bêtes sous l’appellation un peu fourre-tout  « insectes » dans la catégorie « faune ».
La classe des insectes proprement dite comporte une trentaine d’ordres (plus ou moins selon la prise en compte de certaines subdivisions), répartis en deux sous-classes : aptérygotes et ptérygotes. Une théorie récente bouleverse pourtant complètement cette classification traditionnelle mais laissons cette querelle aux scientifiques dont je ne suis pas.
Donc, avant de vous livrer mes photos, il me faut chercher l’identification précise de la bestiole et franchement si c’est assez simple pour certaines (coléoptères, lépidoptères…) dont l’aspect visuel a peu de variantes, c’est, à mon goût, plus difficile avec les libellules. En langue française, le terme de libellule est en général employé au sens large pour désigner les odonates, qui regroupent deux sous-ordres : les demoiselles (Zygoptera) et les libellules stricto sensu (Anisoptera). Par ailleurs, c’est dans ce dernier que ce trouve la famille des Libellulidae et on compte plus de 1 000 espèces de libellules appartenant à cette grande famille !
Par exemple, à quelle espèce appartient cet odonate ?
Sympetrum flaveolum, Sympétrum jaune d'or mâle, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Sympetrum flaveolum, Sympétrum jaune d’or mâle, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
C’est un Sympétrum jaune d’or mâle (Sympetrum flaveolum) malgré l’appelation. Il se distingue des autres Sympetrum par la présence d’une large tache ailaire de couleur jaune paille à orange (aile postérieure). Le mâle est rouge/orange vif et la femelle est jaune. Mais on peut le confondre avec S. fonscolombii (même pour l’extension de la coloration alaire). Il faut donc étudier différents critères très précis pour certifier une espèce. Par exemple Sympetrum. fonscolombii n’a pas cette ligne noire continue sur le flanc de l’abdomen. Les nervures alaires sombres excluent la confusion avec un mâle atypique de S. fonscolombii dont certains ont beaucoup de jaune sur les ailes. Enfin, le rapport de largeur entre l’anneau antérieur et l’anneau postérieur (qui n’est pas le même dans toutes les espèces) correspond bien à S. flaveolum. Pris séparément, ce n’est pas un critère suffisant du fait de la variabilité individuelle, mais c’est un critère secondaire utilisable pour, combiné aux autres, dissiper les doutes dans les cas « limites », du moins pour cette espèce par rapport à S. fonscolombii dont l’anneau postérieur est proportionnellement plus large…
Et celui-là ? 
Libellula quadrimaculata, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Libellula quadrimaculata, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
C’est une libellule à quatre taches (mâle)Libellula quadrimaculata. Elle est ainsi nommée car elle possède une tache foncée sur chaque nodus (« quadrimaculata » signifie « quatre petites taches »). Mais dans le cas de ma photo, les tâches du milieu des ailes sont invisibles. Il faut donc regarder d’autres critères comme : les ailes postérieures qui possèdent toujours une tache brune à leur base, la couleur ambrée sur les quatre ailes vers l’avant… etc.
Pour ce couple de Zygoptères (c’est à dire les « demoiselles, relire plus haut) j’ai longtemps hésité entre Leste Dryas et Leste Sponsa.
Lestes dryas, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Lestes dryas, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Réponse des spécialistes d’insecte.org:
Lestes dryas car :
– les ptérostigmas sont courts et épais
– l’abdomen  de la femelle est massif
– la coloration du S2 de la femelle n’est visiblement pas en forme de 2 triangles mais plutôt d’un rectangle.
La zone sans pruine de la partie distale du S2 du mâle se vérifie ici, mais c’est un très mauvais critère puisqu’on le trouve aussi pour L. sponsa, même si la limite des 2 colorations peut faire la différence. La couleur des yeux est aussi vraiment différente de ceux des L. sponsa; un bleu plus foncé pour le mâle, plus foncé le brun aussi pour la femelle.
L’idéal est de pouvoir observer les appendices anaux du mâle et la longueur de l’ovipositeur de la femelle (quoique ce dernier point soit, pour moi, sujet à caution).
Bref, dans ce monde grouillant, rien n’est simple et c’est souvent de longues discussion avec des spécialistes, pas toujours « faciles » à comprendre !
Sur mon blog dédié à la Forêt de Fontainebleau, je reviens régulièrement sur mes observations naturalistes des deux sous ordres comme dans ce billet sur les Demoiselles.

samedi, juin 01, 2013

Le plein d'images dans les Calanques de Marseilles

Greg CLOUZEAU

Parmi les nombreux spots français à visiter tant pour les loisirs sportifs de pleine  nature que la photographie, les Calanques de Marseille se classent certainement dans mon top 5 !

Vu la météo très favorable de ce mois de Mai 2013, c'était une explosion de couleurs tant sur les sentiers qu'en bord de mer. Des fleurs à gogos, des coucher de soleil à tomber, des falaises exceptionnelles... bref un vrai paradis pour photographe !

Me voici donc à la tête de plusieurs centaines d'images à trier.


Au total, j'ai fait plus de 200 images en noir et blanc sur ce séjour (et je ne vous parle même pas de la couleur !) Les Calanques, ce n'est pas seulement Sormiou, et Cie. Je vous invite à visiter un lieu qui marque le début ou la fin des Calanques : le Cap Croisette...

Le cap Croisette est le cap situé au sud de la ville de Marseille, en face de l'île Maïre. Il est dominé par le massif du Marseilleveyre (430 m). Vers le Nord, le massif de Marseilleveyre et ses nombreuses falaises chères aux grimpeurs dominent le paysage de l'Anse de la Maronaise et du village des Goudes. À l'Ouest du hameau des Goudes et à l'écart des sentiers de randonnée, l'aller et retour du Cap Croisette offre une courte promenade vers un petit port bien sympathique, sorte de bout du monde qui offre des vues saisissantes. La végétation est quasi absente sur ces blocs rocheux abrupts.  Ces paysages faits de mer turquoise et de rocs d'un beige caractéristique associés à une luminosité très blanche se prêtent parfaitement à la pratique photographique et offre en fin de journée des couleurs extraordinaire (voir l'article couleur)...
Hélas, c'est par un sentier taillé et cimentés sur  la crête rocheuse, sous les fils électriques et téléphoniques, que l'on gagne ce petit paradis, conquit par quelques cabanons, un restaurant et la base de plongée de l'UCPA. Bref, ici, c'est quand même un peu dénaturé ! Heureusement, l'île Maire s'impose vite dans le paysage.

Maïre (prononcer ˈmɑːjr) mesure moins d'un kilomètre d'Est en Ouest et de 500 mètres du Nord au Sud et culmine néanmoins à 138 mètres d'altitude. Elle est totalement inhabitée, et, à part les gabians, la vie animale y est réduite à sa plus simple expression : des oiseaux qui piaillent jour et nuit ! On peut y voir les restes d'une construction datant de l'époque où les ressources minérales de l'île étaient exploitées. Tout autour de l'île, des observatoires (en ruine) rappellent l'importance stratégique de la position de l'île, au Sud de la baie de Marseille et à l'Est du Golfe du Lion.
Plus au large, un ilôt muni d'un phare, guide les navire. C'est l'île Tiboulen derrière laquelle se couche le soleil.

L'île Maïre n'est séparée du continent que par une étroite passe d'environ 80 mètres (Passage des Croisettes), dont le franchissement par les barques de pêcheurs ou de plaisanciers est délicat en raison de courants importants et de vagues mauvaises en cas de vent. Bien entendu, depuis le passage en Parc National, l'accès à cette île comme le reste de l'archipel est interdit. Au loin vous pourrez distinguer les autres îles du Frioul et notamment les îles de Jarre depuis les différents points de vue.

Au large du Massif des Calanques, s'étend en effet l’archipel de Riou, unique archipel inhabité du littoral continental français. D’une superficie totale de 162 ha, ce site, très minéral, culmine à 191 mètres et compte près de 25 kilomètres de côte découpée en une multitude de criques.
Ancien terrain militaire, ces îles rangées en file indienne (Maïre, Jarre, Jarron, Plane, Riou)  accompagnées de quelques îlots sont devenues, en 1992, propriété du Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres. La gestion est alors confiée au Conservatoire-Études des Ecosystèmes de Provence/Alpes du Sud (CEEP)avec pour objectif la conservation du patrimoine naturel exceptionnel de ce site. En août 2003, son classement en Réserve Naturelle Nationale ( décret ministériel du 22 08 2003 ) permet un renforcement de la protection juridique du site avec une réglementation adaptée. Ce classement constitue une reconnaissance nationale de la valeur du patrimoine naturel des îles de Marseille.
En voici juste une où deux pour vous donner un aperçu.

 
 
 
 

 
 
Coté flore, les Calanques possèdent, avec plus de neuf cents espèces, l'une des plus importantes diversités floristiques de France. Cela est notamment dû au climat chaud et sec qui a nécessité de nombreuses adaptations.  On trouve ainsi de nombreuses espèces très spécialisées et très localisées ainsi que des plantes exotiques, parfois invasives.
Le printemps est donc une saison particulièrement intéressante car il permet de croiser une multitude de fleurs et les sentiers prennent des allures de palette de peintre.
Pour identifier les espèces j'utiliserai (quand j'aurai le temps) l'excellent "La flore et les sites des Calanques" (Ed. Cogito Technologies) de Philippes Hiely et Robert Giraud et quelques sites internet comme http://florecalanque.free.fr